En-tête du e-Bulletin de l'UIP No.12, le 5 juin 2008   

eBULLETIN --> NUMERO 12 --> ARTICLE 5   

LES PARLEMENTS DOIVENT PRENDRE LEURS RESPONSABILITES POUR COMBATTRE LES INEGALITES ECONOMIQUES ET SOCIALES ET LE CRIME ORGANISE
EN AMERIQUE CENTRALE

Lors d’un séminaire qui s’est tenu les 6 et 7 mai à San Salvador, sous l’égide de l’UIP et de l’Assemblée législative d’El Salvador, les parlementaires de la région ont porté un regard critique sur les problèmes qui persistent plus de vingt ans après la signature de l’accord historique dit « Esquipulas II » qui a apporté la gouvernance démocratique et la stabilité en Amérique centrale. Ce séminaire s’est déroulé peu après une table ronde nationale sans précédent avec des personnalités d’El Salvador, qui avaient participé aux négociations de paix nationales.

Le Secrétaire général de l'UIP, M. Johnsson, s'adréssant aux délégués
Les participants ont relevé que si l’absence de conflit armé et l’organisation d’élections libres et régulières avaient considérablement transformé la société, les facteurs qui ont été à l’origine des tensions sont encore présents, et dans un certain nombre de cas, ils sont encore plus marqués qu’auparavant, comme l’attestent l’augmentation de la pauvreté et la concentration croissante des richesses aux mains de quelques personnes. De surcroît, la propagation du crime organisé et la multiplication des bandes armées ont remis la sécurité et la bonne administration de la justice au cœur des priorités régionales.

Ainsi, si elle constitue bel et bien un progrès, la nouvelle génération d’institutions publiques qui a vu le jour grâce aux accords de paix n’est pas suffisamment stable et ambitieuse pour répondre pleinement aux difficultés. Les participants ont estimé que les parlements devaient prendre leurs responsabilités et commencer par élaborer un programme socio-économique digne de ce nom et renforcer l’indépendance et l’efficacité de la justice. D’aucuns ont laissé entendre que ce programme devrait être élaboré au plan régional, sur le modèle de l’Union européenne, et qu’il pourrait donner lieu à un Esquipulas III ou Esquipulas social.

Un programme d’une telle envergure obligerait les parlements à mettre à profit leur fonction première, qui est d’offrir un lieu de dialogue et d’action dans un climat de respect et de confiance, avec la pleine participation de tous les secteurs de la société, notamment des nouvelles générations de dirigeants politiques, avec la société civile et les entreprises. Les partis politiques doivent eux aussi faire partie de l’équation et éviter la paralysie qu’entraîne la polarisation en s’efforçant de travailler pour le bien de tous, de promouvoir la culture de l’intégrité, d’agir de manière responsable lorsqu’ils préparent leurs candidats aux responsabilités politiques et de se réformer pour être « plus démocratiques ». Les conclusions du séminaire et les recommandations qui en découlent, sont disponibles sur le site web de l'UIP.

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