A plusieurs reprises ces derniers mois, le Zimbabwe a fait la une de la presse internationale, attirant l’attention du monde entier sur la situation économique catastrophique du pays (le taux d’inflation atteint aujourd’hui 2,2 millions pour cent) et sur les élections qui s’y sont déroulées.
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A la suite des élections législatives de mars 2008, où le Mouvement pour un changement démocratique (MDC), de l’opposition, a obtenu la majorité avec 110 sièges sur 210, et du premier tour de l’élection présidentielle tenu à la même date, la violence politique s’est accrue dans de telles proportions que Morgan Tsvangirai, rival du Président Mugabe à l’élection présidentielle et leader du MDC, s’est retiré du deuxième tour prévu le 27 juin 2008. Avec la mort de plus de 80 partisans du MDC, le déplacement de quelque 200 000 personnes, la disparition de centaines d’autres et l’impossibilité de mener campagne librement et en sécurité, le chef du MDC a estimé qu’il ne pouvait pas exposer ses partisans et électeurs à de nouvelles violences.
Cette situation a amené le Comité exécutif de l’UIP à déclarer le 20 juin 2008 qu’il n’était pas possible, dans les circonstances actuelles, de tenir des élections libres et régulières au Zimbabwe et que toute affirmation contraire ne servait pas l’intérêt du peuple zimbabwéen ou de la communauté internationale. Précédemment, à la 118ème Assemblée de l’UIP qui s’est tenue au Cap en avril 2008, la Présidente de l’Assemblée, Mme Mbete (Afrique du Sud), avait déjà indiqué qu’elle était préoccupée par le fait que les autorités électorales n’avaient pas publié les résultats des élections et avait affirmé que le peuple du Zimbabwe avait le droit de choisir son avenir au moyen d’élections libres et régulières.
L’Assemblée a également demandé instamment que le Parlement soit réuni dans les plus brefs délais « pour que le peuple zimbabwéen ne soit pas empêché de participer, comme il en a le droit, au gouvernement de son pays ». Le Parlement n’a cependant toujours pas siégé. En outre, dix parlementaires-élus du MDC ont été arrêtés sur des accusations pénales et placés en détention, un autre a été enlevé (on ignore où il se trouve) et on pense que six autres sont en fuite. Malgré l’accord qui a été négocié entre M. Mugabe et M. Tsvangirai et qui devrait « ouvrir la voie » à des discussions sur un accord relatif au partage du pouvoir, les craintes que les sièges de ces parlementaires-élus soient menacés persistent.
Ces dernières années, la situation des membres du Parlement zimbabwéen a été une source de préoccupation constante pour l’UIP. Depuis 2000, date à laquelle le MDC a participé à ses premières élections, les parlementaires appartenant à ce parti ont été victimes de harcèlement, de détentions arbitraires, d’accusations montées de toutes pièces et même d’actes de torture. Le Comité des droits de l’homme des parlementaires a même dû organiser une mission sur place en mars-avril 2004. Bien que certains des cas traités par le Comité aient connu une issue satisfaisante, les plus graves, à savoir ceux concernant la torture et le passage à tabac de parlementaires de l’opposition, restent une question prioritaire pour le Comité, les auteurs de ces exactions n’ayant pas encore été traduits en justice. On espère que le nouveau Parlement mettra tout en œuvre pour que justice soit faite et que la violence politique, qui a si souvent marqué l’histoire du Zimbabwe, ne soit plus qu’un mauvais souvenir.