L’Audition parlementaire annuelle aux Nations Unies, organisée conjointement par l’UIP et le Bureau du Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, s’est déroulée les 20 et 21 novembre 2008. Quelque 200 parlementaires venus de 60 pays ont pris part à des échanges interactifs avec des représentants de l’ONU et de gouvernements, ainsi que des experts issus de groupes de réflexion et d’organisations de la société civile. Cette audition intitulée Assurer un maintien de la paix efficace et prévenir les conflits conformément à nos engagements, s’est articulée autour de quatre thèmes de débat : la responsabilité de protéger, la violence sexuelle à l’encontre des femmes et des enfants dans les conflits armés, la notion de sécurité humaine dans les opérations des Nations Unies et les grandes difficultés auxquelles sont confrontées les opérations de maintien de la paix des Nations Unies.
 |
Le Président de l’Assemblée générale, le père Miguel d’Escoto Brockmann, a indiqué dans ses remarques liminaires à l’adresse des parlementaires : “Le rôle central que vous jouez, vous parlementaires, en veillant à ce que les politiques internationales dans les domaines du maintien de la paix, des droits de l’homme, du développement et de l’environnement soient prises en compte dans le débat national est d’un immense soutien pour nous qui sommes aux Nations Unies ». Il a fait remarquer que l’objet principal de la collaboration ONU-UIP était de trouver des moyens de rapprocher le programme de l’ONU du travail des parlements nationaux, de susciter une contribution plus importante des parlementaires aux travaux des Nations Unies et de contribuer ainsi à démocratiser l’ONU.
M. Theo-Ben Gurirab, Président de l’UIP, a rappelé que l’Assemblée générale des Nations Unies avait adopté tout récemment une résolution ambitieuse et résolument tournée vers l’avenir sur la coopération entre les Nations Unies et l’UIP. Cette résolution définit des objectifs clairs et ambitieux pour les deux prochaines années, notamment de travailler en collaboration plus étroite avec la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies, avec le Conseil des droits de l’homme et le Forum pour la coopération en matière de développement. Elle prévoit en outre qu’un point de l’ordre du jour de l’Assemblée générale soit désormais expressément consacré à la coopération entre les Nations Unies, les parlements nationaux et l’UIP.
La première réunion a porté sur la notion de responsabilité de protéger établie dans le Document final du Sommet de 2005 des Nations Unies. Elle a donné lieu à des recommandations sur les mesures à prendre : organiser des auditions et des débats au Parlement sur les dispositions clés et les conséquences de la responsabilité de protéger, veiller à ce que les quatre catégories de crimes (génocide, crimes de guerre, nettoyage ethnique et crimes contre l’humanité) figurent dans les codes pénaux nationaux et trouver des modalités qui permettent de donner aux Nations Unies les moyens et les ressources nécessaires à la réalisation de leur mission et à la protection des civils en situation de conflit.
La deuxième réunion a été animée par M. Stephen Lewis, ancien parlementaire et ancien Conseiller spécial des Nations Unies sur l’Afrique, actuellement Co-directeur de AIDS-Free World. Celui-ci a lancé un appel vibrant aux parlementaires afin qu’ils unissent leurs forces contre la violence sexuelle dans les conflits armés et fassent pression auprès des gouvernements afin qu’ils veillent à ce que les Résolutions 1325 et 1820 du Conseil de sécurité soient respectées. En outre, il a été dit que les parlementaires pouvaient veiller à ce que leurs contingents militaires et de police soient formés pour éviter la violence sexuelle et qu’il était possible pour ce faire d’intégrer davantage de femmes dans les opérations de maintien de la paix.
La troisième réunion sur l’intégration de la notion de sécurité humaine dans le travail des Nations Unies a été animée par Jonathan Granoff, Président du Global Security Institute. Dans le cadre du débat nourri qu’elle a suscité et qui a permis de mettre en évidence différentes perspectives, les parlements ont été encouragés entre autres à regarder de près les objectifs énoncés lors des grandes réunions internationales tenues depuis le début de la crise économique, à faire le nécessaire pour que l’enseignement secondaire prévoit des cours sur la Déclaration universelle des droits de l’homme, encourager les gouvernements à organiser un sommet de l’Assemblée générale des Nations Unies sur les armes de destruction massive et à agir dans l’intérêt des citoyens qu’ils représentent.
Enfin, lors de la dernière réunion, consacrée aux principales difficultés rencontrées dans les opérations de maintien de la paix, les parlementaires ont appelé l’ONU à renforcer encore ses capacités de prévention et d’alerte précoce et à appliquer le principe de la tolérance zéro face à la violence et à l’exploitation sexuelles dans ses troupes. Ils se sont également engagés à faire leur possible pour que leur pays apporte la contribution requise en terme de soldats et de personnel d’appui qualifié pour permettre aux membres des opérations de maintien de la paix des Nations Unies de remplir efficacement la mission qui leur a été confiée.
Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon a en effet indiqué dans ses remarques liminaires à l’ouverture de l’Audition, que le maintien de la paix et la prévention des conflits étaient la mission première que les fondateurs de l’Organisation avaient assignée à cette dernière 63 plus tôt. Il a rappelé la responsabilité d’agir des Etats membres, ajoutant que « sans règlements politiques, sans solutions politiques durables, le monde serait indéfiniment à la merci d’urgences humanitaires et de maintien de la paix ».
Le compte rendu des débats sera publié sur le site web de l’UIP et distribué sous forme de document officiel de l’UIP et de l’Assemblée générale des Nations Unies. On trouvera de plus amples informations sur l’Audition, notamment les documents de travail, les déclarations et une vidéo, au site web de l'UIP.