Difficile de trouver en ce moment un journal n'ayant pas récemment consacré ses gros titres aux bouleversements subis par les marchés, aux innombrables faillites d'entreprises, à la hausse faramineuse du chômage et au durcissement des tensions sociales qui accompagnent la crise économique actuelle. La crise, qui continue à gagner un nombre croissant de secteurs de l'économie réelle, avance maintenant à son rythme propre, alors même que les économies se remettent difficilement de l'onde de choc du tsunami financier mondial. Les signaux d'alarme politiques se sont déclenchés dans les parlements du monde entier.
La décision prise par l'UIP de convoquer les 7 et 8 mai 2009 à Genève une Conférence parlementaire sur la crise économique mondiale est donc arrivée à point nommé. Le sujet était non seulement d'une actualité brûlante, mais le moment choisi était parfaitement adapté au processus de réflexion concernant les causes et les conséquences de la crise entrepris séparément par les Nations Unies et le G20.
La Conférence a été préparée en un temps record en raison de l'urgence de la situation. Elle n'en a pas moins rassemblé près de 400 participants et observateurs, dont 210 parlementaires originaires de presque 80 pays. Cette réunion a réuni un groupe très varié de législateurs représentant des commissions parlementaires chargées des questions financières, bancaires, économiques, sociales et de développement.
Son programme prévoyait une série de réunions-débats interactives, de débats thématiques et d'exposés de fond, tous très riches en informations concernant les origines de la crise et les leçons à en tirer. Cette réunion passionnante constituait l'occasion rêvée pour poser des questions directes, qui ont reçu des réponses directes de la part d'experts parmi les plus reconnus. La salle bruissait d'idées.
Certains des économistes mondiaux les plus renommés ont accepté l'invitation de l'UIP et sont venus rencontrer les parlementaires qui ne ménagent pas leurs efforts pour atténuer les effets de la crise. Des responsables de grandes institutions membres de la famille des Nations Unies, des experts internationaux de renom, et un ancien Premier ministre islandais (l'un des pays les plus touchés par la crise) se sont joints à eux.
Comme l'a dit le Président de l'UIP, M. Theo-Ben Gurirab, dans ses conclusions, la crise actuelle nous offre aussi une occasion à saisir : celle de réaliser de vrais progrès dans la société, de remédier aux inégalités et aux déséquilibres existants et de constituer de nouveaux systèmes reposant sur l'inclusion, la transparence et la qualité de la gouvernance. Le meilleur appui que les parlements puissent offrir dans ce contexte consiste à exercer un contrôle strict sur la politique gouvernementale. Pendant la mise en œuvre des réformes (qui demandera des années), la population aura besoin des législateurs pour s'assurer que son avis et ses aspirations sont pleinement pris en considération et que le gouvernement et les institutions publiques sont à la hauteur de la tâche.
L'UIP a décidé de poursuivre son travail en ce sens. En sa qualité d'organisation mondiale de parlements nationaux, elle souhaite donner suite au débat qui a eu lieu à Genève, en faisant du contrôle parlementaire l'un des piliers de la réforme tant attendue du système financier international aujourd'hui si malmené. Il faut aussi que le secteur financier soit mieux administré et davantage suivi à l'échelon national, notamment par l'Etat, dont le rôle doit être plus affirmé. Pour reprendre les termes utilisés par un délégué parlementaire pendant la Conférence, nous devons renforcer le contrôle institutionnel sur la cupidité. Les parlements ont un rôle de tout premier plan à jouer dans ce contexte.