Au scrutin de 2011, 130 des 257 sièges que compte la Chambre des Députés et 24 des 72 sièges du Sénat étaient à pourvoir. Les élections législatives se sont déroulées en même temps que la présidentielle.
Les précédentes élections de juin 2009 étaient les premières à être organisées sous la présidence de Cristina Fernández de Kirchner, première femme élue à la tête du pays et épouse de l'ex-président Néstor Kirchner. À l'issue des élections, le Front de la victoire (FV), qui soutenait la Présidente, a perdu le contrôle des deux chambres. Il détenait 87 des 257 sièges de la Chambre des Députés et 35 des 72 sièges du Sénat. L'Union civique radicale (UCR) et le Front péroniste fédéral, dirigé par l'ancien président Eduardo Duhalde, en détenait 43 et 29 respectivement à la Chambre des Députés. Les autres sièges à pourvoir dans les deux chambres étaient échus à des petits partis.
La Présidente Fernández de Kirchner a poursuivi la politique économique de son mari, qui avait sorti l'Argentine d'une crise économique. Malgré une inflation à deux chiffres, l'économie du pays est restée vigoureuse (croissance de 8 % prévue pour 2011) et le taux de chômage n'a jamais été aussi bas en 20 ans (7,3 % au deuxième trimestre).
En octobre 2010, l'ex-président Néstor Kirchner est mort d'une crise cardiaque, suscitant une vague de sympathie pour la Présidente en exercice.
Les médias se sont concentrés sur les élections présidentielles, reléguant les législatives au deuxième plan. Les principaux adversaires de la Présidente en exercice étaient notamment le sénateur Ricardo Alfonsín (UCR), qui était à la tête de l'Union pour le développement social (UDESO), et M. Hermes Binner, ancien gouverneur de Santa Fe. Ce dernier, qui était devenu en 2007 le premier gouverneur socialiste d'Argentine, dirigeait le Front large progressiste (FAP, qui comprenait le parti socialiste).
Le Front de la victoire (FV) de Mme Kirchner a axé sa campagne sur le bilan du gouvernement, mettant l'accent sur la forte croissance économique du pays. La Présidente s'est engagée à favoriser l'intégration et la justice sociales. De son côté, le FAP a promis que la formation continue des citoyens serait une de ses priorités. Enfin, l'UDESO voulait promouvoir l'économie des régions, renforcer le fédéralisme et offrir un système éducatif plus performant.
La Présidente en exercice, qui, en vertu de la Constitution, ne peut pas briguer un nouveau mandat aux prochaines élections présidentielles qui auront lieu en 2015, a dit qu'elle ne modifierait pas la Constitution pour pouvoir se représenter. Toutefois, elle a laissé entendre qu'il pourrait y avoir des réformes constitutionnelles visant à mettre en place un régime parlementaire. M. Binner (FAP) était favorable à cette idée, estimant que le régime parlementaire était bien plus démocratique et comportait moins de risques qu'un régime présidentiel. En revanche, la candidate de la Coalition civique à la présidentielle, Elisa Carrió, était contre l'idée d'instituer un régime parlementaire, qui, a son sens, visait à assurer la réélection indéfinie de la Présidente en exercice.
En tout, 78,89 % des 28,9 millions d'électeurs inscrits se sont rendus aux urnes.
Le FV et ses alliés ont remporté 85 sièges à la Chambre des Députés, suivis de l'UCR et du FAP, qui en ont obtenu 15 et 14, respectivement. Le FV et ses alliés ont repris le contrôle des deux chambres, avec 134 sièges à la Chambre des Députés et 41 au Sénat. L'UCR en a remporté 41 à la Chambre des Députés et 17 au Sénat et le FAP, 28 et quatre.
Lors du scrutin présidentiel, Mme Fernández de Kirchner (FV) a été réélue au premier tour, avec près de 54 % des voix. Son principal adversaire, M. Binner, a remporté 17 % des suffrages.
Le 10 décembre, les membres nouvellement élus ont pris leurs fonctions au Congrès. La Chambre des Députés a élu M. Julián Andrés Domínguez (FV) à sa présidence, tandis que le nouveau Vice-président du pays, M. Amado Boudou, est devenu Président du Sénat, comme le prévoit la Constitution. |