Le 7 janvier 2008, le Premier ministre Saïd Musa a demandé au Gouverneur général, Sir Colville Young, de dissoudre le Parlement en vue des élections à la Chambre des représentants, prévues pour le 7 février. Ces élections se sont déroulées en même temps que le premier référendum jamais organisé au Belize. Les citoyens étaient invités à décider si les membres du Sénat, actuellement nommés par le Gouverneur général, devaient être élus au scrutin direct.
Lors des élections précédentes, en mars 2003, le Parti unifié du peuple (PUP) de M. Musa avait remporté 22 des 29 sièges à pourvoir, devenant ainsi le premier parti à avoir obtenu deux mandats de suite depuis que le pays s'était émancipé de la couronne britannique en 1981. Le Parti démocratique unifié (UDP), parti d'opposition, avait remporté les sièges restants.
Toutefois, le deuxième mandat du Premier ministre Musa a été entaché par plusieurs incidents. En 2005, l'augmentation des impôts pour rembourser la dette extérieure du pays, qui se montait à 3 milliards de dollars E.-U., avait déclenché des émeutes. L'UDP avait par ailleurs laissé entendre que le Premier ministre avait distribué à des militants du PUP 10 millions de dollars que le Président de Venezuela, Hugo Chavez, avait envoyés à titre d'aide.
Les élections de 2008 concernaient 31 sièges de la Chambre des représentants après élargissement. En tout, 93 candidats, dont trois femmes, étaient en lice. Bien que trois autres partis politiques, à savoir le Parti national de la réforme (NRP), le parti Vision inspirée par le peuple (VIP) et l'Alliance nationale du Belize (NBA), se soient également présentés, les élections ont une fois encore opposé le PUP et l'UDP, qui présentaient tous deux des candidats pour chacun des 31 sièges parlementaires. Le NRP et la NBA ont présenté 11 candidats chacun, et la VIP, quatre. Cinq candidats indépendants se sont également présentés.
A la mi-janvier, le PUP a présenté son programme intitulé " Projet - Croire en le Belize ". Il promettait de réduire l'impôt sur le revenu, de créer de l'emploi, de lutter contre la criminalité et de fournir un ordinateur portable à chaque écolier. Il avait en outre présenté un projet détaillé visant à établir un nouveau Sénat de 14 membres qui seraient élus au scrutin proportionnel, à compter de 2009.
Le leader de l'UDP, M. Dean Oliver Barrow, était fermement opposé à l'idée d'un sénat élu et a donc appelé les électeurs à boycotter le référendum. Il partageait néanmoins l'idée qu'il fallait réformer le Sénat, mais estimait qu'il fallait un sénateur supplémentaire sans affiliation politique pour qu'ensemble, les sénateurs nommés sur avis de l'opposition et les sénateurs apolitiques soient majoritaires.
Les " 21 engagements " de l'UDP visaient essentiellement à faire baisser le coût de la vie, grâce à diverses mesures, notamment une diminution de la taxe sur la vente au détail, ainsi qu'une baisse du prix de l'électricité et du téléphone. L'UDP taxait le PUP de corruption et d'incurie.
Au total, 74,49 % des 156 000 électeurs inscrits ont participé au scrutin législatif. Cependant, ils n'ont été que 46,63 % à participer au référendum, et se sont prononcés à 61,54 % en faveur d'un Sénat élu et à 36,60 %, contre.
L'UDP, qui avait recueilli plus de 56 % des suffrages valables, a obtenu 25 sièges. Bien qu'ayant remporté plus de 40 % des suffrages valables, le PUP n'a obtenu que six sièges. Aucun des autres partis n'a fait plus de 8 %. Aucune femme n'a été élue.
Le 8 février, M. Barrow est devenu Premier ministre.
Le 15 février, il a nommé M. Emil Arguelles, avocat, à la présidence de la Chambre des représentants.
Le 14 mars, les membres nouvellement élus de la Chambre des représentants ont reçu l'investiture aux côtés des sénateurs (qui, eux, sont nommés), parmi lesquels la nouvelle Présidente du Sénat, Mme Andrea Gill. |