Jawad Fairooz, Bahrain

Jawad Fairooz, Bahrain
Cas d’atteinte aux droits de l’homme des parlementaires

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L'ancien parlementaire bahreïnien Jawad Fairooz (centre) a obtenu l'asile politique au Royaume-Uni mais demeure apatride. ©Reuters

Jawad Fairooz a été déchu de sa nationalité en 2012, ce qui l'a rendu apatride. Auparavant, il avait été placé en détention où il aurait été maltraité, après s'être élevé contre la dureté avec laquelle l'Etat réprimait les manifestations en faveur de la démocratie.

Jawad Fairooz a démissionné du parlement bahreïnien en 2011 pour protester contre la manière dont étaient traités ceux qui étaient descendus dans la rue pendant le printemps arabe.

Les 18 parlementaires de son parti, al-Wefaq, ont fait de même, irrités de voir les pouvoirs publics, aux mains des sunnites, traiter aussi durement les manifestants qui appartiennent à la majorité chiite de la population.

Des mois plus tard, lui et un autre parlementaire, Matar Ebrahim Matar, ont été arrêtés. Ils disent avoir été maltraités pendant les trois mois qu'ils ont passés en détention et privés de tout contact avec leurs familles et, initialement, avec leurs avocats. Ils ont été accusés d'incitation à la haine des autorités, d'organisation de réunions illégales et de délits connexes et similaires - charges qu'ils ont toutes réfutées.  Matar Ebrahim Matar a été acquitté, Jawad Fairooz condamné.

En novembre 2012, Jawad Fairooz était au Royaume-Uni lorsque les autorités bahreïniennes ont annoncé qu'elles l'avaient déchu de sa nationalité. 

L'UIP est profondément préoccupée par cette décision qui le rend apatride et par le fait qu'elle n'a pas été motivée.

L'absence de rapport rendant compte en détail de l'enquête menée sur les mauvais traitements infligés à Jawad Fairooz pendant sa détention - allégations que le gouvernement dément -  est aussi un sujet d'inquiétude pour l'UIP.  

Après avoir étudié la documentation présentée au tribunal pendant le procès, l'organisation ne comprend pas comment il a pu être reconnu coupable de comportement criminel.

Jawad Fairooz, qui s'est adressé à la foule au rond-point de la Perle, le lieu de réunion symbolique des manifestants, souligne qu'il est attaché au caractère pacifique des manifestations et ne veut qu'une réforme politique.

Les autorités bahreïniennes ont été vivement critiquées pour le non-respect des droits de l'homme dont elles ont témoigné en réprimant les manifestants pendant le printemps arabe, notamment en incarcérant du personnel médical qui soignait les blessés.

Jawad Fairooz a obtenu l'asile politique au Royaume-Uni en 2014 mais demeure apatride.

 

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L'ancien parlementaire bahreïnien Jawad Fairooz (centre) a obtenu l'asile politique au Royaume-Uni mais demeure apatride. ©Reuters