Objectif 2 2020

Faire progresser l’égalité des sexes et le respect des droits des femmes

Chiffre-clé :
54
54 % des personnes qui ont pris part à des panels organisés par l’UIP en 2020 étaient des femmes.

Les crises n’ont pas les mêmes effets sur les hommes et sur les femmes. Celle de la COVID-19 ne fait pas exception. Au moment même où le monde célébrait les 25 ans de la Déclaration de Beijing pour l’égalité des sexes, la COVID-19 a mis en lumière les multiples aspects de l’inégalité des sexes. Les violences domestiques ont, par exemple, atteint un niveau alarmant, au point que l’on a pu parler de « pandémie de l’ombre ». La COVID-19 a aussi eu d’autres conséquences sur les femmes, y compris un alourdissement des tâches domestiques et professionnelles, et une exacerbation du climat d’insécurité. Une repré- sentation politique juste et équilibrée contribuera à corriger ces inégalités et à diminuer la vulnérabilité des femmes, ainsi que celle des enfants. L’UIP aide les parlements à favoriser l’augmentation du nombre des femmes parlementaires, notamment par des conseils sur l’établissement de quotas par sexe et le recueil de données probantes pour prendre des décisions en toute connaissance de cause.

 

 
Symposium à Beijing (Chine) pour la commémoration du 25e anniversaire de la déclaration de Beijing. © Zhang Yuwei / Xinhua via AFP

Aider les parlements à progresser vers la parité homme-femme

L’UIP mène, avec de nombreux parlements, un travail de collaboration suivie qui a continué de porter ses fruits en 2020, souvent à la suite de l’adoption et de l’ap- plication de lois sur les quotas.

  • En Égypte, le pourcentage des femmes parlementaires est passé de 16 à 27 pour cent.
  • Au Mali, 28 pour cent des parlementaires sont des femmes, contre 9,5 pour cent précédemment.
  • En Serbie, les femmes ont remporté 39 pour cent des sièges parlementaires aux élections de 2020, contre 34 pour cent dans la législature précédente.

En Tanzanie, en préparation des élections de la fin de l’année 2020, l’UIP a organisé une formation à l’intention de femmes qui ont aussi bénéficié de conseils d’expertise. Les participantes ont été nombreuses à dire que cette expérience avait renforcé leur confiance en elles-mêmes. Tandis que la plupart d’entre elles avaient par le passé accédé à des sièges réservés, à la suite de la formation elles ont été un certain nombre à se décider, pour la première fois, à présenter leur candidature aux élections.

Aider les parlements à légiférer contre la discrimination et la violence

Dans le monde, on estime à 2,5 milliards le nombre des femmes et des filles qui sont soumises à des lois discriminatoires. C’est un état de fait que les parlements sont en mesure de changer.

"En tant que parties prenantes […], nous devons nous fixer comme tâche d’agir plus collectivement pour une réduction délibérée des lacunes d’application de nos cadres légaux visant une plus grande inclusion."

M. Femi Gbajabiamila

Président de la Chambre des représentants du Nigéria

En 2020, l’UIP et ONU Femmes ont organisé des consultations en ligne afin de recueillir les avis et les expériences de parlementaires et d’experts de 23 pays. Les bonnes pratiques et les enseignements ainsi collectés donneront lieu à un guide qui aidera les parlementaires à supprimer toute discrimination des lois nationales. L’UIP et ONU Femmes en prévoient la publication en 2021.

Recueillir et diffuser des données probantes

Le rapport sur les Femmes au parlement analyse la participation des femmes de 1995 à 2020 et fait le point sur les enseignements tirés depuis la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, texte programmatique pour l’égalité des sexes de portée mondiale, adopté il y a 25 ans. Ce rapport met le lecteur en garde, car même si la parité homme-femme est plus largement considérée comme un objectif, les progrès ont marqué le pas ces dernières années.

Report on women in Parliament

En collaboration avec ONU Femmes, l’UIP a aussi publié sa célèbre carte annuelle sur les Femmes en politique. D’autres données sur le genre et les parlements ont été publiées sur Parline, plateforme en ligne de l’UIP qui regroupe des données sur les parlements, y compris sur les groupes de femmes parlementaires, les com- missions de l’égalité des sexes, les présidentes de parlements et les principaux jalons historiques.

Les données et les études de l’UIP ont été largement citées au cours de l’année, y compris dans le rapport d’avancement du Secrétaire général de l’ONU sur les ODD et le rapport du Forum économique mondial sur les inégalités femmes-hommes.

Aux États-Unis, quatre membres du Congrès ont cité des données de l’UIP dans leur présentation d’une résolution  à la Chambre appelant le Gouvernement américain à agir pour réduire les violences à l’encontre des femmes dans la sphère politique.

En 2020, des études de l’UIP ont aussi été utilisées pour une campagne nationale en Jordanie et un séminaire sur le cyber- harcèlement organisé par le Parlement suisse.

Au cours de l’année, l’UIP a enregistré une forte demande d’outils en ligne. Elle a publié plusieurs vidéos conviviales sur l’ODD 5 et la promotion de l’action parlementaire en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes et des filles :

Ces vidéos ont été réalisées en partenariat avec différentes organisations, notamment l’Université de l’État de l’Arizona et le Laboratoire Julie Ann Wrigley Global Futures, la Banque mondiale et ONU Femmes.

Promouvoir le changement

En 2020, l’UIP a organisé des rencontres intergénérationnelles entre des dirigeants, des parlementaires, des jeunes femmes et des jeunes filles de différentes parties du monde. Ces rencontres se sont tenues dans le cadre du Forum Génération Égalité, forum mondial d’organisations œuvrant pour l’égalité entre les femmes et les hommes, à l’initiative d’ONU Femmes. Les manifestations de ce type, qui sont très fructueuses, seront reconduites dans les an- nées qui viennent.

En août, les présidentes de parlement se sont réunies via une plateforme en ligne pour le 13e Sommet des présidentes de parlement, conjointement organisé par l’UIP et le Parlement autrichien. Les présidentes ont appelé à une égale répartition des tâches de soin non rémunérées et à l’élimination des écarts de salaire et de protection sociale entre les sexes. Ce sont des objectifs que l’UIP défendra en 2021 et par la suite. Les présidentes ont aussi appelé à une tolérance zéro en matière de violence à l’égard des femmes dans les parlements, et partagé leurs propres expériences et bonnes pratiques.

Le saviez-vous ?

Créé en 2015 à Genève, le réseau des Champions internationaux de l’égalité des sexes rassemble des décisionnaires des deux sexes qui s’engagent à lutter contre les obstacles liés au genre dans les sphères multilatérales. Ce réseau, actuellement présidé par le Secrétaire général de l’UIP Martin Chungong, re- groupe plus de 400 personnes qui agissent au sein de six pôles multilatéraux (Genève, New York, Paris, Vienne, Nairobi et La Haye). Tous les champions signent un engagement sur la parité entre les sexes attestant de leur volonté de rechercher l’équilibre entre les hommes et les femmes et de refuser de participer à des panels non mixtes.

Promouvoir la législation visant à combattre la discrimination et la violence envers les femmes

Djibouti a adopté une loi visant à mettre un terme à la violence sexiste, élaborée à la suite de l’assistance technique apportée par l’UIP en 2019.

– La Sierra Leone a pris des mesures pour mettre fin aux mutilations sexuelles féminines après avoir bénéficié d’un soutien politique de l’UIP et d’un renforcement des capacités techniques du parlement. Un groupe de femmes parlementaires a été créé. Il dirige désormais l’action du parlement sur la question, avec un soutien continu de l’UIP.

 

Étude de cas

 

Action du Parlement contre les mutilations sexuelles féminines en Sierra Leone

Un atelier sur les mutilations sexuelles féminines et leurs conséquences en termes  de  droits  humains et de santé a été organisé à l’intention des parlementaires de la Sierra Leone, à Freetown, capitale du pays, avec le soutien de l’UIP. Cette formation de trois jours expliquait comment il est possible de sup- primer ces pratiques des cérémonies traditionnelles d’initiation des filles, en donnant aux parlementaires de solides arguments pour convaincre les citoyens et les chefs communautaires d’abandonner l’excision.

Cet atelier a aussi conduit à la création du tout premier groupe parlementaire sur les mutilations sexuelles féminines en Sierra Leone.

L’impact de l’UIP

 

Des conseils à l’action : mettre un terme à la vio- lence à l’égard des femmes au parlement

La diffusion des Lignes directrices pour l’élimination du sexisme, du harcèlement et de la violence à l’égard des femmes dans les parlements a incité plusieurs parlements (Allemagne, Danemark, République de Corée, Royaume-Uni, Suisse, et Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en Belgique) à formuler des re- quêtes supplémentaires.

Ce guide de politique anti-harcèlement a aussi été salué par les réseaux de femmes de l’Association parlementaire du Commonwealth et de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.

Au vu de ce succès, ces lignes directrices, déjà disponibles en anglais et en français, ont été traduites en d’autres langues dont l’arabe, le coréen, l’espagnol, le japonais et le turc.

L’UIP et l’Union parlementaire africaine travaillent conjointement à une étude régionale sur le sexisme, le harcèlement et la violence à l’égard des femmes dans les parlements d’Afrique, dont les résultats sont attendus en 2021.

Prochaines étapes

 

L’année à venir

En 2021, l’UIP continuera à aider les parlementaires à travailler à distance, notamment par l’élaboration d’outils pratiques. Des efforts seront faits pour accroître l’interactivité, atteindre un plus grand nombre de parlements et toucher de plus vastes publics, au vu de l’intensification planétaire des échanges en ligne. 2021 verra le lancement d’une nouvelle étude régionale sur la violence à l’égard des femmes en politique dans les parlements africains et d’autres activités et outils seront proposés.

L’UIP continuera à soutenir ses membres par le biais d’échanges entre pairs, du recueil et de la diffusion de bonnes pratiques, en veillant en particulier à ce que les réponses à la crise de la COVID-19 et les efforts de relance intègrent la dimension de genre.

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