Prévention des conflits, consolidation de la paix et réconciliation

Prévention des conflits, consolidation de la paix et réconciliation

Nous partons du principe que les conflits et les divergences doivent être réglés par des moyens pacifiques tels que la médiation et l’inclusivité. Les nombreuses guerres qu'a connues le monde témoignent de l’importance des facteurs essentiels de la réalisation de la paix et de la sécurité que constituent la pluralité et le dialogue politiques. Le respect de la différence est le seul moyen de parvenir à l’unité.

Nous sommes convaincus que les parlements doivent être au cœur des processus de prévention des conflits, de médiation, de réconciliation et de rétablissement de la paix. Les parlementaires peuvent ouvrir la voie en montrant comment travailler ensemble au-delà des clivages politiques, culturels ou religieux et en nouant un dialogue constructif comme moyen de régler les conflits.

Toutefois, dans la plupart des pays sortant d’un conflit ou en transition vers la démocratie, les parlements ne disposent que de peu de ressources et d’expérience face à l’ampleur de la tâche qui les attend. C’est pourquoi notre soutien peut être décisif pour ces parlements.

Nous soutenons les parlements dont les pays sortent d’un conflit en encourageant les échanges entre parlementaires. Nous aidons les parlementaires, et les parlements dans leur ensemble, à contribuer à la réconciliation nationale grâce à la cicatrisation des blessures du passé et à l'édification de sociétés viables. Nous apportons notre appui aux parlements de pays en guerre, sortant d’un conflit ou sous occupation étrangère. Nous travaillons souvent aux côtés de l’Organisation des Nations Unies et de sa Commission de consolidation de la paix en vue d’atteindre nos objectifs.

Nous sommes persuadés que les conflits peuvent être évités grâce à la médiation et à la rencontre des parties opposées en vue de régler un différend. La diplomatie parlementaire nous permet de jouer un rôle de médiateur dans des régions du monde où les conflits sont les plus tenaces, notamment au Moyen-Orient, – où nous organisons des échanges entre des parlementaires issus de toutes les parties –, et à Chypre, où nous mobilisons des représentants des deux parties opposées. Nous facilitons également des réunions bilatérales lors de nos Assemblées.

Depuis 2007, notre initiative de bons offices nous permet de répondre rapidement aux requêtes des parlements. Aussi, nous les aidons à surmonter certains obstacles et goulets d’étranglement qui se présentent dans leur mode de fonctionnement. Nous contribuons à la normalisation rapide du travail parlementaire. C’est ainsi que nous avons prêté main-forte au Burundi et aux Maldives pour combler le fossé politique au sein de parlements fortement polarisés.

Notre engagement proactif en faveur de la paix et de la sécurité a débuté aux Fidji dans les années 1990. En leur proposant des recommandations et un soutien pratique, nous avons aidé les Fidji à mettre en œuvre une nouvelle Constitution qui prévoyait un parlement et un cabinet plus représentatifs. Ce processus a été accompagné par une réforme complète des règlements des deux chambres parlementaires. Notre action s’est poursuivie en 2001-2002 au Timor-Leste, où nous avons apporté un soutien technique et juridique dans le cadre de la rédaction d’une nouvelle Constitution.

Les soulèvements qui ont marqué les Printemps arabes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en 2011 ont fait naître de nouveaux défis pour notre mission de paix et de réconciliation. En 2012, nos Membres ont adopté une résolution qui soulignait l’importance de la bonne gouvernance en tant que moyen d’assurer la paix et qui appelait l’UIP à fournir une assistance technique aux pays concernés. Aussi, nous avons aidé les Parlements d’Egypte, de Libye, d’Oman et de Tunisie à résoudre certains problèmes et à aider tous les groupes et parties intéressés à être impliqués dans les processus de dialogue et de prise de décisions. Nous avons également contribué à définir des besoins à plus long terme en matière de renforcement des capacités et de services consultatifs dans certains de ces pays.

Par la voie de la réconciliation, nous avons aidé des pays comme le Kenya, la Sierra Leone et l’Ouganda à opérer des changements majeurs au lendemain d’un conflit. Notre méthode consiste notamment à organiser des séminaires de haut niveau, lors desquels les parlements et les parlementaires peuvent se mettre d’accord sur des feuilles de route à suivre pour les prochaines réformes. 

Nous avons également mis en œuvre une démarche pratique en Côte d’Ivoire. A l’occasion d’une conférence organisée dans ce pays, des parlementaires se sont engagés à jouer un rôle plus actif et plus stratégique dans les efforts en vue de briser le cycle de la violence qui s’y perpétue depuis longtemps. Nous avons également étudié les possibilités pour eux de collaborer plus étroitement avec les troupes de maintien de la paix de l’ONU afin de réaliser une paix durable.

Nous nous attachons à satisfaire les besoins individuels de chaque parlement, tout en sachant que certains principes sont communs à toutes les situations. C’est ainsi que nous veillons toujours, par exemple, à ce que les parlements et les parlementaires entretiennent de bonnes relations avec le pouvoir exécutif et que les droits et les rôles des partis d’opposition soient codifiés et respectés.

Nous avons œuvré dans plusieurs pays en faveur de la paix et de la réconciliation au sein de sociétés qui ont fait face à un conflit.