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Études de cas

Pourquoi les taxes pour la santé pourraient aider le Cameroun à réduire le tabagisme

A health clinic in Cameroon. © Kepseu/Xinhua/AFP

Un dispensaire au Cameroun. © Kepseu/Xinhua/AFP

Alors que les systèmes de santé du monde entier sont sous pression et que les budgets nationaux de santé sont mis à rude épreuve, l’UIP travaille en étroite collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les parlements nationaux pour faire évoluer le point de vue sur la santé, en la considérant non plus comme un coût, mais comme un investissement.

«Investir dans la santé, c’est investir dans les personnes, la productivité et la prospérité à long terme. Les taxes sur le tabac, en particulier, constituent un levier efficace pour réduire la consommation, prévenir les maladies et générer des recettes fiscales», a déclaré le Secrétaire général de l’UIP, Martin
Chungong, lors d’un atelier sur les taxes pour la santé tenu en 2025 à Yaoundé (Cameroun). 

Malgré l’ambition affichée par le Cameroun en 2023 d’instaurer la couverture sanitaire universelle, les soins de santé demeurent un luxe que beaucoup de ses citoyens ne peuvent tout simplement pas se permettre. L’atelier de Yaoundé, organisé par l’UIP en collaboration avec le Réseau des parlementaires pour la lutte contre le tabac et les stupéfiants du Parlement camerounais (réseau OXYGÈNE), a fait progresser le débat national concernant l’utilisation des taxes sur le tabac pour financer la couverture sanitaire universelle. Au Cameroun, les recettes tirées des ventes de tabac représentent moins de la moitié du niveau recommandé par l’OMS.

«Si l’on admet que la couverture sanitaire universelle garantit à chacun, sans exception, un plein accès à des services de santé de qualité au moment et à l’endroit où il en a besoin, sans être entravé par les contraintes financières, alors, en taxant le tabac, nous ferons un pas décisif vers l’amélioration
des soins de santé», a déclaré le Président du réseau OXYGÈNE, Ngalle Daniel Etongo, lors de la réunion.

Conformément à l’ODD 3 – Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge –, l’UIP plaide depuis longtemps pour réduire les maladies non transmissibles en taxant les produits qui en sont souvent à l’origine. Notre rapport de 2022 intitulé Sauver des vies et
générer des recettes : guide d’intervention parlementaire sur les taxes pour la santé propose une feuille de route pour des pays comme le Cameroun en vue de générer des recettes supplémentaires indispensables tout en réduisant la consommation de ces produits.

L’atelier s’est tenu sur une journée et a réuni plus de 150 parlementaires et fonctionnaires parlementaires. Il a notamment porté sur les moyens de promouvoir les taxes sur le tabac, de légiférer en la matière et de contrôler l’application de ces taxes. Si près de la moitié des parlementaires participants avaient déjà une bonne connaissance des taxes pour la santé, 81 % ont indiqué à l’issue de l’atelier que l’événement les avait aidés à mieux comprendre l’importance de ces taxes. Soixante-trois pour cent ont déclaré se sentir désormais «extrêmement» confiants pour plaider en faveur des taxes pour la santé.

La déclaration finale de l’atelier et le plan d’action visant à augmenter les taxes sur le tabac ont ouvert la voie à des réunions avec les autorités publiques, et le Ministre des finances a ordonné la création d’un fonds spécial pour les personnes souffrant de maladies non transmissibles. Le Ministre a également indiqué qu’il serait enclin à soutenir une augmentation des taxes sur le tabac, ce qui montre une fois encore que les activités de renforcement des capacités de l’UIP se traduisent par des actions immédiates. 

«Rien de tout cela ne peut se concrétiser sans volonté politique. C’est pourquoi cet atelier est si important. Nous espérons qu’il constituera le point de départ d’une mobilisation parlementaire plus large et durable sur la question de la taxation du tabac», a souligné Martin Chungong.