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Risques et biais génériques : Catégories de risques

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À propos de cette sous-ligne directrice

Cette sous-ligne directrice fait partie de la ligne directrice Risques et biais génériques. Se reporter à la ligne directrice principale pour le contexte et une vue d'ensemble. Pour une réflexion sur les risques liés plus spécifiquement aux travaux parlementaires, voir la ligne directrice Risques et difficultés pour les parlements.

Cette sous-ligne directrice aborde de nouveaux types de risques découlant de l'intégration de l'IA qui ne sont peut-être pas familiers aux parlements et qui, s'ils ne sont pas traités efficacement, peuvent saper les processus démocratiques et la confiance des citoyens dans les institutions parlementaires.

Manque de connaissances en matière d'IA

La maîtrise de l'IA consiste à comprendre ses principes de base, ses capacités et ses limitations, ce qui est essentiel pour prendre des décisions motivées en matière d'adoption et de contrôle de l'IA dans les parlements. Il s'agit de la capacité à bien cerner les applications de l'IA, à comprendre des concepts fondamentaux tels que l'apprentissage automatique et l'analyse des données, et à évaluer de manière critique les impacts potentiels de l'IA. Sans une connaissance suffisante de cette technologie, les utilisateurs risquent de mal interpréter ce qu'elle produit, de ne pas reconnaître des schémas discriminatoires, de trop se fier à des systèmes biaisés et de négliger les implications éthiques et juridiques. Cela peut conduire à une mauvaise prise de décision et potentiellement à des préjudices.

Biais et discriminations

Les systèmes d'IA utilisés dans le cadre des fonctions parlementaires, par exemple pour la prise de décision automatisée ou l'analyse politique, peuvent refléter et renforcer les biais cognitifs et d'autres biais présents dans les données d'entraînement de ces systèmes. Il peut en résulter des recommandations politiques biaisées et des effets législatifs discriminatoires, affectant négativement les groupes minoritaires et sapant les principes d'égalité et d'équité qui sous-tendent les institutions démocratiques.

Atteinte à la vie privée

Les systèmes parlementaires traitent souvent des données personnelles et politiques sensibles. Des mesures inadéquates de protection des données peuvent conduire à des atteintes à la vie privée lors du recours à l'IA pour l'analyse des données et la prise de décision. L'accès non autorisé à ces données ou leur utilisation abusive peut compromettre la vie privée des citoyens, des parlementaires et d'autres parties prenantes, érodant ainsi la confiance dans les processus parlementaires.

Failles de sécurité

Les systèmes d'IA, en particulier ceux utilisés dans un cadre parlementaire, sont des cibles potentielles pour les cyberattaques. Ces attaques peuvent conduire à la manipulation ou au vol de données législatives sensibles, mais aussi perturber les activités parlementaires ou compromettre l'intégrité des processus législatifs. Cela pose des risques importants pour la sécurité du pays et celle de la population.

Absence de redevabilité

La nature opaque de la prise de décision par l'IA – souvent appelée “boîte noire” – pose des problèmes dans les contextes parlementaires où la transparence et la redevabilité sont primordiales. Les décisions prises ou influencées par l'IA sans explications claires peuvent rendre difficile la recherche de responsabilités quant aux conséquences législatives, ce qui réduit la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques.

Suppression de postes

Si l'IA peut améliorer l'efficacité, l'automatisation des tâches administratives au sein des fonctions parlementaires peut entraîner des suppressions de postes ou de tâches, en particulier pour le personnel administratif ou d'assistance. L'IA devenant de plus en plus apte à gérer des tâches de routine telles que la planification, le traitement des documents et l'analyse des données, la nécessité d'une implication humaine dans ces fonctions pourrait diminuer. Cette réduction de la demande peut entraîner une baisse des besoins en main-d'œuvre, ce qui se traduit par du chômage et des problèmes économiques pour les personnes concernées.

Outre la perte d'emplois, la nature des fonctions restantes peut changer de manière significative. Les tâches qui étaient autrefois effectuées par des collaborateurs peuvent être automatisées, ce qui entraîne une évolution vers des responsabilités plus complexes, orientées vers la prise de décision ou créatives, qui requièrent un niveau d'expertise plus élevé. Cette évolution des tâches peut représenter un défi pour les employés qui n'ont pas toujours les compétences ou l'expérience nécessaires pour s'adapter, ce qui crée des risques supplémentaires de précarité de l'emploi et de suppression potentielle de postes.

L'évolution vers des processus basés sur l'IA risque également d'accroître la polarisation du marché de l'emploi, sur lequel les postes peu qualifiés à tâches routinières sont automatisés, et les employés concernés sont difficile à réaffecter. Cette situation pourrait exacerber les inégalités sociales et économiques, en particulier si les collaborateurs concernés ne sont pas en mesure d'accéder à de nouvelles fonctions exigeant des compétences différentes.

Dilemmes éthiques

Les applications d'IA dans un cadre parlementaire soulèvent des questions éthiques, notamment en ce qui concerne la délégation du pouvoir de décision. S'appuyer sur l'IA pour formuler des recommandations politiques, rédiger des textes législatifs ou fournir des services aux administrés peut conduire à des dilemmes éthiques, en particulier si les décisions de l'IA sont en conflit avec les valeurs humaines ou ne tiennent pas compte du contexte. Différents services d'IA peuvent indiquer des valeurs variables en fonction du pays dans lequel le modèle sous-jacent est défini et entraîné.
 

IA fantôme

L'IA fantôme, liée au concept de l'informatique fantôme, peut être définie comme l'utilisation non supervisée ou non autorisée d'outils d'IA générative au sein d'une organisation ou d'une institution, en dehors de son cadre informatique et de cybersécurité. L'IA fantôme peut exposer les organisations aux mêmes risques que l'informatique fantôme : fuites de données, pertes de données, non-respect des réglementations en matière de confidentialité et de protection des données, pas de contrôle de la part de la gouvernance informatique, mauvaise affectation des ressources, et même de nouveaux risques découlant d'un manque de compréhension de la technologie, comme la création de modèles d'IA avec des données biaisées pouvant produire des résultats incorrects.
 

Pas de souveraineté des données

L'entraînement et le déploiement des systèmes d'IA exigent des ressources informatiques et de stockage massives, ce qui nécessite souvent l'utilisation de systèmes publics sur le cloud. Dans certains cas, ces systèmes sur le cloud se trouvent dans un autre pays et sont donc soumis aux lois et réglementations de ce pays. En l'absence de stratégies appropriées d'atténuation des risques, telles que le cryptage ou la minimisation des données, il peut être difficile pour les parlements de maintenir un contrôle efficace sur ces systèmes d'IA.

Absence de confiance

L'adoption de systèmes d'IA dans les fonctions parlementaires implique des risques importants liés au manque de confiance. L'une des principales problématiques est la complexité et l'opacité de ces systèmes, qui peuvent conduire à des incertitudes quant à l'exactitude et à la fiabilité des informations qu'ils fournissent.

L'absence d'informations claires sur la manière dont ces systèmes respectent la vie privée ou sur la nature des données utilisées pour leur entraînement ne fait qu'exacerber la méfiance. Les utilisateurs peuvent craindre que leurs données soient utilisées à mauvais escient ou que les décisions du système d'IA soient biaisées ou erronées en raison de données d'entraînement inadéquates ou biaisées. Ce manque de confiance peut entraver l'intégration efficace de l'IA dans les activités parlementaires, car les parties prenantes peuvent être réticentes à se fier à des systèmes qu'elles ne comprennent pas entièrement ou en lesquels elles n'ont pas confiance.

Le risque global est qu'en l'absence de confiance, les avantages de l'IA ne soient pas pleinement exploités, car les utilisateurs pourraient résister à ces systèmes ou les sous-utiliser, ce qui pourrait conduire à des inefficacités et à l'impossibilité d'obtenir les améliorations souhaitées dans les processus parlementaires.
 


Les Lignes directrices pour l’IA dans les parlements ont été produites par l’UIP en collaboration avec le Pôle parlementaire sur la science des données du Centre pour l'innovation au parlement de l'UIP. Ce document est soumis à une licence Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike 4.0 International. Il peut être librement partagé et réutilisé en mentionnant l'UIP. Pour plus d'informations sur les travaux de l'UIP en matière d'intelligence artificielle, veuillez consulter le site www.ipu.org/fr/impact/democratie-et-parlements-forts/lintelligence-artificielle ou contacter [email protected].