Skip to main content
Consultancy

Consultant(e) : Intimidation des parlementaires par le public

Les exemples d'intimidation des parlementaires par le public font régulièrement les gros titres. Ce phénomène semble s'insérer dans un schéma plus large d'hostilité à l'égard des figures d'autorité que sont notamment les enseignants, les policiers et les médecins, ainsi que d'autres représentants élus et responsables politiques, y compris les maires et les ministres, mais le cas des parlementaires est à part étant donné la visibilité et l'importance du rôle qu'ils jouent. Les femmes parlementaires sont exposées à des intimidations de nature sexiste les visant en tant que femmes. 

Les parlementaires sont fréquemment pris dans un déchaînement de colère et de scepticisme publics, en partie alimenté par les messages toxiques qui se répandent comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. Tous les actes des parlementaires sont épiés et jugés et provoquent parfois une réaction de colère. 

Le climat actuel d'intimidation des acteurs de la vie publique n'est pas seulement désagréable, il est délétère, car il nuit au travail des parlementaires et érode le fondement même de la démocratie. Nous ne disposons toutefois pas encore de suffisamment de données décrivant la fréquence, les formes et la propagation de ce type d'intimidation. Les chiffres révélant concrètement dans quelle mesure les parlementaires en tant que groupe particulier (ainsi que des sous-groupes précis de parlementaires, par exemple les femmes parlementaires, les parlementaires représentant les minorités ou les parlementaires handicapés) subissent des intimidations de la part du public ne sont que partiellement disponibles. 

L'UIP, qui se préoccupe depuis plusieurs années de la protection des parlementaires, a commencé à recueillir des données mettant l'accent sur la violence "d'État" à l'encontre des parlementaires, d'une part, et sur le sexisme, le harcèlement et la violence à l'égard des femmes parlementaires, de l'autre. 

Depuis 1976, par le biais de son Comité des droits de l'homme des parlementaires (CDHP), l'UIP s'est penchée sur plus d'un millier de cas dans le monde et jouit désormais d'une solide réputation en tant qu'acteur aidant les parlementaires confrontés à la violence d'État à obtenir protection et réparation. À l'heure actuelle, la situation d'un grand nombre de parlementaires demeure dangereuse et les chiffres de 2023 sont parlants. À cette date, les parlementaires victimes de violations des droits de l’homme étaient au nombre de 762 dans 47 pays, les menaces et les intimidations étant la troisième catégorie de violations en fréquence. Les chiffres montrent également que le facteur le plus fiable pour prédire si un parlementaire sera victime d'abus est son appartenance à l'opposition ou le fait qu'il ou elle soit sans étiquette. 

Outre les activités du CDHP, l'UIP mène depuis 2016 plusieurs études étudiant les cas de violence à l'encontre des femmes parlementaires dans les parlements. Ce travail, qui part du principe que les femmes et les hommes engagés dans la vie politique ne sont pas visés de la même façon par les différents types de violence, accorde la priorité aux représentants élus de sexe féminin et aux diverses manifestations de violence sexiste auxquelles elles sont susceptibles d'être exposées en raison de leur sexe ou de leur genre ou qui les touchent de façon disproportionnée. Il n'avait pas pour but de comparer l'expérience des femmes à celle de leurs homologues masculins, tout en reconnaissant néanmoins que ces derniers peuvent eux aussi subir ce type de violence. Cette enquête, qui est passée par des entretiens avec des femmes parlementaires, a révélé que les principaux coupables des violences dont elles sont victimes sont leurs collègues masculins, mais aussi que le public se rend également coupable de violences visant les femmes parlementaires, en particulier dans le contexte d'attaques sexistes, d'intimidations et de menaces. Ces études ont également permis de déterminer quelles mesures avaient été prises par les parlements pour lutter contre ce phénomène, ainsi que contre toutes les formes de violence dont sont victimes les femmes. 

À propos du projet

L'UIP souhaite recruter un(e) consultant(e) chargé(e) de travailler sur un projet de recherche visant à analyser l'étendue des intimidations dont sont victimes les parlementaires de la part du public à l'échelle mondiale. Ce projet de recherche exigera la compilation de données existantes et nouvelles, l'élaboration d'études de cas nationales et la rédaction d'un rapport analysant les données, formulant les enseignements tirés et présentant des recommandations visant à lutter contre l'hostilité manifestée par le public à l'encontre des parlementaires.

L'analyse et les conclusions auxquelles elle donnera lieu devront porter sur des parlementaires présentant diverses caractéristiques, notamment hommes/femmes, classes d’âge, appartenance à un groupe minoritaire vulnérable, parlementaire de premier plan/d'arrière ban, parlementaire aguerri/récemment élu, etc.

Le/la consultant(e) travaillera sous l'autorité du Responsable du programme des droits de l'homme et en consultation avec un vaste éventail de parties prenantes à l'intérieur et à l'extérieur de l'UIP. 

Mission

Recueillir des données sur les épisodes de violences contre des parlementaires de la part du public en réalisant des recherches documentaires portant sur des études et rapports existants, ainsi que sur les données de l'UIP,

  • élaborer une étude permettant aux parlements de collecter des informations sur le cadre et les structures juridiques visant à protéger les parlementaires de l'intimidation par le public, 
  • contribuer à la conception d'une enquête auprès des parlementaires (qui sera réalisée par une autre entité) destinée à évaluer le degré des intimidations exercées à l'encontre des parlementaires dans le monde entier 
  • participer à la mise sur pied d'un conseil consultatif composé d'universitaires et de parlementaires conduisant le projet, organiser des réunions du conseil consultatif, 
  • préparer et rédiger des études de cas nationales sur l'intimidation des parlementaires dans diverses régions du monde, y compris en se rendant dans des pays particuliers pour s'y entretenir avec des parlementaires et d'autres parties prenantes concernées, 
  • rédiger un rapport présentant et analysant les données recueillies, donnant un aperçu de la situation, formulant les enseignements tirés et présentant des recommandations, 
  • contribuer à la conception du matériel de communication visant à diffuser les conclusions du rapport, 
  • participer à d'autres champs d'activité de l'UIP, s'il y a lieu.

Ce travail exigera une collaboration étroite avec diverses parties prenantes, parmi lesquelles :

  • les collaborateurs de l'UIP (en particulier les membres des équipes chargées des droits de l'homme, du genre, du renforcement des capacités et du centre de ressources)
  • les parlements, les parlementaires et le personnel parlementaire
  • les institutions universitaires travaillant sur les questions en lien avec la violence à l'encontre des parlementaires (ou d'autres figures d'autorité)
  • les organisations de la société civile.

Prestations

Les prestations d'ordre général figurent ci-dessous. Les prestations spécifiques seront définies au fur et à mesure de la planification du travail. Toutes les prestations visent à contribuer aux objectifs d'ensemble, qui consistent à faire considérablement évoluer la façon dont les parlements associent le public à leurs travaux.

1.         Plan de travail du projet sur l'intimidation des parlementaires par le public

2.         Synthèses et bilans réguliers de l'avancée du travail

3.         Compilation des données recueillies pour le projet

4.         Trois à cinq études de cas nationales

5.         Rapport présentant les données et l'analyse finales, les enseignements tirés et les recommandations formulées

6.         Réunions du conseil consultatif (en ligne)

Calendrier

Le temps de travail maximum escompté du/de la consultant(e) est de 110 jours (pour une journée de travail de 7,5 heures). La mission du consultant s'étendra initialement du 23 septembre 2024 au 31 mars 2025. Sous réserve que le travail réalisé soit satisfaisant et le financement assuré, il se peut que la mission soit prolongée en 2025. 

Lieu de travail

Le/la consultant(e) travaille depuis son domicile. Des déplacements seront probablement requis, par exemple lors des recherches à réaliser pour les études de cas nationales ou pour participer aux Assemblées de l'UIP. 

Qualifications

Il est exigé des candidats à cette mission de consultant qu'ils satisfassent aux critères suivants :

  • diplôme universitaire supérieur dans un domaine pertinent (sciences politiques ou sociales), 
  • connaissance poussée des questions liées à la violence à l'encontre des titulaires d'une charge publique, idéalement des parlementaires ; dans certains cas, la connaissance approfondie de questions liées à la violence s’exprimant à l'encontre d'autres figures d'autorité pourra être prise en considération, 
  • expérience de la direction de projets de recherche complexes, idéalement sur des sujets étroitement liés au projet en question,
  • expérience de l'intégration de la perspective de genre dans les travaux de recherche sur la violence,
  • bonne connaissance des statistiques,
  • bonne connaissance du travail des parlementaires et de leur interaction avec le public, 
  • excellente maîtrise de l'anglais écrit et parlé ; capacité à lire ou parler le français ou l'espagnol fortement souhaitée,
  • aptitude à travailler tant de manière indépendante qu’au sein d’une équipe, 
  • capacité à faire preuve de sensibilité culturelle,
  • excellente gestion du temps et attention minutieuse aux détails.
Comment appliquer

Les candidats sont priés de soumettre les pièces suivantes :

  • curriculum vitae,
  • un bref descriptif expliquant en quoi leur profil est adapté à cette mission, assorti d’une proposition de méthode pour la mise en œuvre du projet,
  • le montant de la rémunération journalière proposée par le consultant,
  • la date à laquelle il/elle est disponible pour commencer la mission.

Pour de plus amples informations, veuillez prendre contact avec Rogier Huizenga au Secrétariat de l'UIP ([email protected]).

La date butoir de présentation des candidatures a été fixée au 1 septembre 2024. Les dossiers de candidature doivent être envoyés par courriel à l'adresse : [email protected] dans un message portant comme sujet "Consultant - intimidation des parlementaires". 

Seules les personnes dont la candidature est retenue seront contactées.

Les candidatures reçues après la date butoir seront écartées.

Conditions d'emploi

Le/la consultant(e) est un travailleur indépendant, qui n'est pas considéré comme un représentant ni un salarié de l'UIP et n'est pas soumis au Règlement ni au Statut du personnel. Le collaborateur externe ne peut recouvrer auprès de l'UIP l'impôt sur le revenu dont il a dû s'acquitter sur la rémunération prévue par son contrat et est seul redevable du paiement de l'impôt national sur le revenu auquel donne lieu ladite rémunération. Le collaborateur externe n'est pas couvert par le plan de retraite des employés de l'UIP.

Principes de recrutement

Le principe directeur régissant le choix des candidats est de garantir le degré d’efficacité, de compétence et d’intégrité le plus élevé. L'UIP ne fait aucune discrimination et s'efforce de promouvoir la diversité au sein de son personnel. 

Notre Organisation accorde une attention particulière aux candidatures provenant des pays en développement et veille à l’équilibre hommes-femmes Elle s’applique à offrir un cadre qui mette en valeur la contribution de chaque individu.

Tout notre personnel doit avoir les qualités suivantes :

  • motivation et ferme adhésion aux principes de l’UIP,
  • aptitude à travailler au sein d’une équipe pluriculturelle,
  • compétences techniques solides dans le domaine concerné,
  • expérience professionnelle au sein d’institutions nationales et/ou internationales.

Tous les membres de notre personnel doivent adhérer au Code de conduite du personnel de l'UIP et à notre Politique de prévention et de lutte contre la fraude et la corruption.

Le travail de l'UIP s'inspire des Principes communs en matière d’assistance aux parlements, qui décrivent une série de principes fondamentaux devant être respectés lors de la planification et de la mise en œuvre des programmes destinés à renforcer la capacité des parlements. Le/la consultant(e) devra intégrer les Principes communs dans son travail.

Date limite: