L'UIP élabore une méthode, des modules et du matériel de formation pour offrir aux parlementaires et au personnel parlementaire des formations sur la lutte contre la violence à l'encontre des femmes en politique.
L'objectif global de cette formation est de renforcer les capacités et de promouvoir les initiatives visant à lutter contre la violence à l'encontre des femmes en politique en améliorant la compréhension de la prévalence, des formes, des causes et des conséquences de la violence à l'égard des femmes dans les parlements, en instaurant un sentiment de responsabilité partagée à l'égard de cette violence, en promouvant l'implication individuelle et collective dans la prévention et la riposte à une telle violence et en permettant aux femmes de s'en protéger en les soutenant dans le domaine de la sécurité personnelle.
Cette formation est organisée au bénéfice des trois groupes cibles suivants :
- les parlementaires, hommes et femmes, et les membres du personnel parlementaire sélectionnés, pour développer une compréhension commune de la violence à l'égard des femmes en politique et un engagement institutionnel de nature à prévenir et lutter contre une telle violence,
- les femmes parlementaires dans toute leur diversité, notamment les jeunes femmes parlementaires et les membres de leur personnel parlementaire sélectionnés, en mettant l'accent sur l'autonomisation et la sécurité individuelles et collectives,
- les parlementaires masculins, pour promouvoir la compréhension individuelle et collective de leur rôle et de la solidarité qu'ils peuvent manifester.
La formation a pour finalité de renforcer les capacités par l'acquisition de connaissances et l'offre de conseils. Elle passe par des techniques d'apprentissage pour les adultes, parmi lesquelles des exercices pratiques mettant en valeur l'expérience et le leadership des participants et incitant au soutien entre pairs.
Le cours et le matériel de formation doivent être conçus de façon à pouvoir être utilisés pour des formats de formation en présentiel et en ligne.
Cette formation se compose de trois volets complémentaires pouvant être présentés séparément en fonction des besoins et des demandes spécifiques des parlements et des parlementaires.
Ces trois volets sont adaptés aux groupes cibles de parlementaires : le premier volet est destiné à l'ensemble des parlementaires, le second aux femmes parlementaires et le troisième aux hommes parlementaires. Ces trois volets sont conçus pour répondre aux besoins du personnel parlementaire.
1) Formation à l'intention de tous les parlementaires
La formation à l'intention de tous les parlementaires renforce les capacités et incite à l'action pour lutter contre la violence à l'égard des femmes en politique par les biais suivants :
- amélioration de la compréhension de la prévalence, des formes, des causes et des conséquences de la violence à l'encontre des femmes en politique,
- définition de mesures et d’outils permettant de mettre en place un environnement propice à la représentation, au leadership et à l'influence des femmes dans les parlements, par le biais de la législation, de la politique et de la réglementation, de la mobilisation et du plaidoyer, mais aussi d'autres initiatives destinées à prévenir et combattre la violence, ainsi qu'à y répondre et y remédier[1],
- établissement d’un sentiment de responsabilité partagée vis-à-vis de la prévention de la violence à l'égard des femmes en politique et de la réponse à y apporter,
- incitation à la prise d'initiative individuelle et collective en matière de prévention de la violence à l'égard des femmes en politique et de réponse à y apporter.
2) Formation à l’intention des femmes parlementaires
La formation à l'intention des femmes parlementaires, adaptée aux besoins des femmes parlementaires dans toute leur diversité, notamment les jeunes femmes parlementaires, a pour objectif :
- de renforcer les compétences et les connaissances pratiques en matière de violence à l'égard des femmes en politique en ligne et hors ligne,
- de déterminer et de comprendre l'intersectionnalité dans le contexte de la violence à l'égard de groupes particuliers de femmes en politique, plus particulièrement les jeunes femmes,
- d'accéder à des conseils pour promouvoir la sécurité individuelle et collective en ligne et hors ligne,
- de mettre en commun les expériences individuelles et collectives et d'en tirer des enseignements concernant la réponse à apporter à la violence et vers qui se tourner pour trouver du soutien.
3) Formation à l’intention des hommes parlementaires
La formation à l'intention des hommes parlementaires a pour objectif :
- de promouvoir la compréhension individuelle et collective de leur rôle et de la solidarité qu'ils peuvent manifester en analysant les normes sociales, les structures de pouvoir et les autres éléments susceptibles d'influer sur la violence à l'encontre des femmes en politique,
- d'encourager la réflexion sur le rôle qui leur revient dans la prévention de la violence à l'encontre des femmes en politique et la réponse à y apporter,
- de renforcer les connaissances et la confiance requises pour que les hommes jouent un rôle d'alliés et de témoins actifs en intervenant, en soutenant les survivantes et en s’opposant aux comportements violents,
- de fournir des outils et des stratégies pratiques pour prévenir la violence, soutenir les collègues concernées et plaider pour des politiques incitant à des environnements plus sûrs et inclusifs.
Le/la consultant(e) applique les principes et approches [2] suivants dans toutes les activités, tâches et prestations de la mission :
- approche sensible aux traumatismes centrée sur les survivantes accordant la priorité à la sécurité et au respect et créant des règles communes pour ce qui est de la confidentialité pour les survivantes, de leurs droits et de leurs besoins, notamment en définissant et en utilisant dans toutes les activités des lignes directrices s'y rapportant,
- approche non discriminatoire et participative, accessible, inclusive et adaptée aux besoins de groupes divers de parlementaires,
- approche pertinente pour les parlementaires et les dirigeants politiques reposant sur des contenus, des exercices et des orientations adaptés à leurs besoins et à leur réalité et déclinables en fonction du contexte national,
- mise à profit des ressources existantes, notamment les études de l'UIP sur le sexisme, le harcèlement et la violence à l'encontre des femmes parlementaires, les Lignes directrices de l’UIP pour l'élimination du sexisme, du harcèlement et de la violence à l'égard des femmes dans les parlements, les conclusions et recommandations émanant des consultations menées par l'UIP et ses partenaires à propos des outils requis par les parlementaires pour lutter contre la violence à l'encontre des femmes en politique, ainsi que d'autres matériels pertinents, tout particulièrement ceux qui mettent l'accent sur l'évaluation des besoins en matière de renforcement des capacités.
Tâches attendues du/de la consultant(e)
Le/la consultant(e) élabore une méthode, des modules et du matériel de formation et anime à l’intention des parlementaires et du personnel parlementaire des formations sur la lutte contre la violence à l'égard des femmes en politique. Il/elle, placé(e) sous l'autorité de la Responsable du Programme du partenariat entre hommes et femmes, s'acquitte des missions énumérées ci-dessous.
Dans le contexte et sur la base des objectifs détaillés énumérés ci-dessus, le/la consultant(e) est chargé(e) :
- d’élaborer une méthode de formation,
- de concevoir l’intégralité du contenu de la formation et de ses trois volets, notamment le programme, les modules, les exercices, le matériel tel que les ressources et les études de cas, l’évaluation et le suivi,
- de tester la formation auprès de chacun des groupes cibles et d'y mettre la dernière main en tenant compte des retours, des conclusions et des recommandations recueillis à l’issue de ces mises à l’essai,
- de former un petit groupe de formateurs,
- d’animer les formations selon que de besoin jusqu’à fin 2026,
- de rédiger un rapport décrivant l'impact de la formation et comportant les principaux enseignements et les recommandations d'amélioration.
Le/la consultant(e) collabore avec les autres consultants de l'UIP, à savoir le/la consultant(e) élaborant à l'intention des parlementaires des modules de formation sur les normes sociales et le/la consultant(e) travaillant sur la représentation des femmes dans toute leur diversité au parlement.
Calendrier
Plan de travail : échéance au 3 novembre 2025
Méthode : échéance au 28 novembre 2025
Contenu intégral de la formation et de ses trois volets : échéance au 5 janvier 2026
Formation des formateurs : échéance au 16 février 2026
Animation des formations selon que de besoin : échéance en décembre 2026
Le rapport d'évaluation et d'impact de chaque formation doit être présenté dans les 15 jours suivant la tenue de la formation.
Rapport d'évaluation et d'impact final : échéance au 15 décembre 2026
Qualifications et compétences
Diplôme universitaire en sciences sociales, sciences politiques ou en droit ; une spécialisation dans l’étude des questions de genre constitue un atout, un diplôme supérieur est vivement souhaité,
au moins dix années d'expérience professionnelle acquise dans les domaines de l'égalité des sexes et des droits des femmes, au moins cinq années d'expérience professionnelle de la lutte contre la violence à l'encontre des femmes en politique sont exigées,
expérience avérée de la conception et de l'animation de formations ou de programmes de renforcement des capacités à l'intention des parlementaires ou des responsables politiques requise,
expérience démontrée de la collaboration avec les parlements et les parlementaires de différents pays et contextes régionaux exigée,
expérience des plateformes d'apprentissage électronique et de l'élaboration de contenu numérique requise,
excellentes capacités de communication requises,
excellentes compétences en anglais écrit exigées et bonne connaissance du français souhaitée.
Calendrier et conditions
La mission du/de la consultant(e) s'étend sur une période allant du 20 octobre 2025 à la fin 2026. Cette mission exigera un fort engagement en temps au cours des six premiers mois pour l'élaboration de la méthode et des modules de formation. Ensuite, l'engagement sera ponctuel. Il dépendra du programme des formations et de leur réalisation.
Le temps de travail maximum escompté du/de la consultant(e) est de 180 jours d'ici fin 2026.
Il est prévu que cette mission se déroule au domicile du/de la consultant(e).
L'UIP prend en charge les frais de mission que le/la consultant(e) peut avoir à assumer dans le cadre de ses attributions.
Conditions d'emploi
Le/la consultant(e) est un travailleur indépendant, qui n'est pas considéré comme un représentant ni un salarié de l'UIP et n'est pas soumis au Règlement ni au Statut du personnel.
Le/la consultant(e) ne peut recouvrer auprès de l'UIP l'impôt sur le revenu dont il a dû s'acquitter sur la rémunération prévue par son contrat et est seul redevable du paiement de l'impôt national sur le revenu auquel donne lieu ladite rémunération.