Des élections ont eu lieu le 2 décembre 2007 à la Douma, la chambre basse du Parlement russe, avant les élections présidentielles prévues pour le mois de mars 2008.
Les élections de 2007 ont été les premières à se tenir au scrutin proportionnel strict remplaçant l'ancien système mixte. Le nouveau système prévoit qu'un parti doit obtenir un minimum de 7 % des voix (contre 5 % auparavant) pour être représenté à la Douma. La nouvelle loi électorale fixe également des critères plus stricts en matière d'inscription de partis. Bien que 35 partis politiques aient demandé l'autorisation de participer aux élections de 2007, la Commission électorale centrale (CEC) n'en a retenu que 11. Les partis d'opposition ont estimé que ces mesures empêchaient les petits partis d'entrer au parlement. Le Président Vladimir Poutine a mis en avant le fait que ces critères plus stricts excluaient les partis extrémistes des élections.
Au cours des élections précédentes, qui s'étaient déroulées en décembre 2003, le parti Russie unifiée du Président Poutine avait remporté 223 sièges et semblait assuré de gagner aussi une majorité confortable aux élections de 2007.
Les sondages préélectoraux ont révélé que le seuil de 7 % ne serait dépassé que par une minorité de partis. En dehors de Russie unifiée, le parti du Président, le Parti libéral démocrate de la Russie (LDPR), d'obédience ultra-libérale, dirigé par M. Vladimir Zhirinovsky, Vice-président de la Douma, et Russie juste, dirigé par M. Sergey M. Mironov, Président du Conseil de la Fédération (chambre haute) étaient en lice. Parmi les forces d'opposition, seul le Parti communiste (KPRF) de M. Gennady Zyuganov avait des chances d'obtenir de bons résultats. Parmi les autres partis d'opposition se trouvaient le Parti démocrate de Russie " YABLOKO " de l'économiste Grigory Yavlinsky, ainsi que l'Union des forces de droite (SPS), parti pro-occidental dirigé par Nikita Belykh et par l'ancien Premier ministre Boris Nemtsov.
Le Président Poutine a annoncé qu'il serait à la tête de la liste de Russie unifiée. La constitution l'empêchant de faire plus de deux mandats présidentiels, M. Poutine avait l'intention de devenir Premier ministre au terme de son second mandat. Les partis d'opposition craignaient que M. Poutine et ses alliés ne transfèrent une partie des pouvoirs présidentiels au Premier ministre, afin de lui permettre de conserver son influence. A la mi-novembre, la SPS a demandé à la Cour suprême d'annuler la candidature de M. Poutine à la Douma, demande qui a été rejetée le 20 novembre.
Russie unifiée s'engageait à promouvoir le " Plan Poutine ", en soulignant l'importance du rôle joué par l'Etat dans le développement économique et en promettant de continuer à stabiliser l'économie. L'économie russe avait bénéficié ces dernières années du prix élevé du pétrole, ainsi que de l'abondance des réserves de gaz et de pétrole du pays. Le LDPR défendait l'avis que le pays devrait mettre en oeuvre une politique étrangère " énergique " destinée à reconstituer " l'Empire russe ". Russie juste qui appelait à une défense nationale plus forte a mené campagne contre l'OTAN.
Le KPRF, particulièrement populaire dans les zones rurales, promettait de nationaliser les secteurs clés de l'industrie et de consacrer les bénéfices dégagés, comme à l'époque soviétique, à la prise en charge médicale et à l'éducation gratuites, ainsi qu'à l'offre de logements municipaux bon marché. Le YABLOKO appelait de ses voeux " la liberté et la justice ". La SPS faisait campagne en faveur de la réforme économique et administrative, en soulignant l'importance de la constitution d' " un Etat libre, démocratique, puissant et humain ", susceptible d'être respecté et " non craint ".
Le 24 novembre, un candidat du YABLOKO est décédé des suites de ses blessures trois jours après avoir été attaqué par un tireur non identifié. Le même jour, Garry Kasparov, critique en vue du gouvernement et ancien champion d'échecs a été arrêté pour avoir participé à une manifestation illégale contre la décision d'interdire à la coalition d'opposition, " L'autre Russie " de participer aux élections.
Au total, 63,78 % des 109 millions d'électeurs inscrits sur les listes électorales du pays se sont présentés aux urnes. Quelque 450 000 policiers ont été déployés pour assurer la sécurité. Les ressortissants russes vivant dans 140 pays ont aussi pu voter. Le KPRF a dénoncé des irrégularités électorales et s'est engagé à porter l'affaire devant les tribunaux.
L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a annulé sa mission d'observation des élections, accusant le gouvernement russe de tarder à délivrer les visas destinés à ses observateurs. L'Assemblée parlementaire de l'OSCE et l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe ont toutefois surveillé les élections et conclu qu'elles n'étaient pas conformes aux critères d'une élection démocratique. Elles ont notamment critiqué la partialité de la couverture médiatique, dont elles ont estimé qu'elle favorisait le parti au pouvoir. L'Assemblée interparlementaire de la Communauté des Etats indépendants (CEI) s'est félicitée du fait que les élections se soient " déroulées de façon ouverte ".
Les résultats officiels annoncés par la Commission électorale centrale ont donné la victoire au parti Russie unifiée du Président Poutine, qui a remporté 64,3 % des voix, soit 315 sièges à la nouvelle Douma. Le LDPR et Russie juste ont remporté 40 et 38 sièges respectivement, le KPRF remportant les sièges restants. Aucun autre parti n'a dépassé le seuil des 7 % imposé pour remporter un siège.
La nouvelle Douma s'est réunie pour la première fois le 24 décembre et a réélu M. Boris V. Gryzlov de Russie unifiée au poste de président. |