Genève, le 9 avril 2026.
Pour la première fois depuis plus d’une décennie, la représentation des jeunes au sein des parlements au niveau mondial n’a enregistré aucune progression, selon le rapport biennal de l’Union interparlementaire (UIP) intitulé La participation des jeunes dans les parlements nationaux. Ces résultats apparaissent alors que les jeunes réclament de plus en plus vivement d’avoir davantage leur mot à dire dans les décisions politiques.
Ce nouveau rapport de l’UIP révèle que la proportion de parlementaires âgés de 30 ans ou moins reste à 2,8 %, soit un chiffre inchangé depuis le précédent rapport de 2023. C’est la première fois depuis 2014, année où l’UIP a commencé à suivre la participation des jeunes dans les parlements, que les progrès marquent le pas.
Par ailleurs, plus d’un tiers des chambres parlementaires dans le monde (37,1 %) ne comptent aucun parlementaire âgé de 30 ans ou moins.
Le rapport prévient que, même si la moitié de la population mondiale a moins de 30 ans, le nombre très limité de parlementaires dans cette tranche d’âge met en péril la démocratie et le développement.
Baisse du nombre de jeunes femmes parlementaires
La situation est particulièrement préoccupante dans le cas des jeunes femmes. La proportion de femmes parlementaires âgées de 30 ans ou moins a chuté à 1,2 % de l'ensemble des parlementaires, contre 1,4 % en 2023.
De même, la part des femmes parlementaires âgées de 40 ans ou moins au sein des parlements a baissé de 7,9 % à 6,9 %, bien que, globalement, la proportion de parlementaires âgés de 40 ans ou moins ait légèrement augmenté de 0,2 point de pourcentage pour atteindre 19,2 %.
La génération Z de plus en plus mécontente
Le rapport souligne que l'absence de progrès est particulièrement préoccupante compte tenu de la mobilisation croissante des jeunes, motivée par des inquiétudes liées à l'insécurité économique et à la transparence démocratique, comme en témoignent les récentes manifestations à travers le monde.
Le rapport fait valoir que lorsque les jeunes sont absents ou sous-représentés au sein des assemblées parlementaires, il en résulte une remise en cause de la légitimité de ces institutions et une perte de confiance du public dans la démocratie.
Exemples de réussite
Malgré une stagnation générale, certains pays progressent, notamment les trois parlements qui affichent la plus forte proportion de jeunes parlementaires dans le classement de l’UIP :
L’Arménie arrive en tête, avec 16,8 % de ses parlementaires de sa chambre basse âgés de 30 ans ou moins, dépassant ainsi l’objectif de 15 % fixé par l’UIP. Cette réussite fait suite à la « révolution de velours » de 2018, qui a vu une forte augmentation de la participation des jeunes dans la vie politique.
En deuxième position, le Turkménistan se distingue également, avec 13,9 % de ses parlementaires âgés de 30 ans ou moins. Le passage du pays d’un parlement bicaméral à un parlement monocaméral a peut-être contribué à cette augmentation, les chambres hautes comptant souvent moins de jeunes représentants.
Les progrès de l’Équateur, qui arrive en troisième position avec 13,7 % de parlementaires âgés de 30 ans ou moins, peuvent être largement attribués à une loi de 2022 exigeant que 25 % des candidats aux élections soient de jeunes adultes.
Enfin, au Sénégal, bien qu’il n’occupe que la 44e place du classement général, les récentes élections ont fait entrer une vague de jeunes politiciens au Parlement, ce qui en fait l’un des pays ayant enregistré la plus forte augmentation par rapport aux élections précédentes.
Solutions
Selon le rapport, les jeunes parlementaires peuvent offrir des perspectives nouvelles, apporter des compétences numériques et proposer des politiques tournées vers l’avenir. Cependant, les règles d’éligibilité, les préjugés et les agressions en ligne comptent parmi les obstacles susceptibles d’empêcher bon nombre d’entre eux de se lancer en politique ou d’y rester.
Les actions clés de la campagne de l’UIP Oui à plus de jeunes au parlement !, telles que les quotas de jeunes, l’abaissement de l’âge requis pour se présenter aux élections et la promotion de voies d’accès au parlement comme les forums de jeunes, comptent parmi les moyens éprouvés pour accroître la participation des jeunes.
Le rapport 2025 a également analysé pour la première fois l’effet des limites de mandats, montrant que les pays qui en ont mis en place comptent une proportion de jeunes parlementaires nettement supérieure à la moyenne mondiale.
Contexte
Ce rapport est le plus complet jamais publié par l’UIP. Il s’appuie sur les données de 2025 provenant de 210 chambres parlementaires (150 chambres uniques ou basses et 60 chambres hautes).
Il met également en avant la parole des jeunes parlementaires eux-mêmes, en intégrant les témoignages recueillis lors d’entretiens avec 64 jeunes parlementaires actuels ou anciens (dont 47 % de femmes) issus de 53 pays. Ces parlementaires ont fait part de leur point de vue sur leur entrée au parlement, les obstacles auxquels ils sont confrontés et leurs recommandations pour améliorer la participation des jeunes.
La 152e Assemblée de l’UIP, qui se tiendra à Istanbul (Türkiye), du 15 au 19 avril 2026, mettra l’accent sur la participation des jeunes, avec pour thème général Cultiver l’espoir, consolider la paix et assurer la justice pour les générations futures.
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L’UIP est l’organisation mondiale des parlements nationaux. Elle a été fondée en 1889 pour encourager la coopération et le dialogue entre toutes les nations, en tant que première organisation politique multilatérale. Elle compte aujourd’hui 183 Parlements membres et 15 organismes parlementaires régionaux. Elle œuvre pour la paix, la démocratie et le développement durable, et aide les parlements à se renforcer, se rajeunir, être plus écologiques et se rapprocher de la parité hommes-femmes. Elle défend aussi les droits de l’homme des parlementaires par le biais d’un comité spécialisé comprenant des parlementaires issus de toutes les régions du monde.
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