Geneva, Switzerland, 14 April 2026
L’Union interparlementaire (UIP) célèbre cette année un jalon important : le 50e anniversaire de son Comité des droits de l’homme des parlementaires (CDHP), un mécanisme international unique en son genre qui œuvre depuis 50 ans à la protection des parlementaires en danger dans le monde entier.
D’après les données de l’UIP, plus de 1 000 parlementaires ont subi des atteintes à leurs droits fondamentaux en 2025, un chiffre sans précédent et probablement bien en deçà de la réalité. Face à cette hausse, l’Organisation saisit l’occasion du 50e anniversaire du Comité pour intensifier son soutien aux parlementaires en danger et mettre en lumière la nécessité de la solidarité parlementaire.
Une action menée par et pour les parlementaires
Le CDHP est constitué de 12 parlementaires élus par leurs pairs, et sa composition doit être équilibrée en termes de représentation géographique et de genre. Son action consiste notamment à mobiliser le soutien parlementaire à l’échelle mondiale, à mener des démarches auprès des autorités nationales, à rencontrer les parlementaires en danger et à assister aux procès en qualité d’observateur.
Guidé par son principe fondamental "Ne jamais abandonner", le Comité œuvre sans relâche en faveur de la justice – même dans des dossiers vieux de plusieurs décennies – afin que les parlementaires persécutés, qu’ils soient en vie ou non, ne tombent jamais dans l’oubli.
Cinq cas emblématiques au fil de cinq décennies
Le député chilien Carlos Lorca Tobar a été arrêté et porté disparu en 1975 ; en 1982, l’UIP a établi la responsabilité du gouvernement Pinochet, ce qui a abouti à l’octroi d’une indemnisation à sa famille en 1993.
Ngarlejy Yorongar, parlementaire tchadien, a été arrêté en 1998 pour diffamation ; l’intervention d’une délégation de l’UIP a permis d’obtenir sa libération quelques mois plus tard, en 1999.
María Marta Valladares, parlementaire d’El Salvador, a survécu à deux tentatives d’assassinat en 1994 ; l’UIP a mis en place un dialogue qui a abouti à deux condamnations en 2001.
Anwar Ibrahim, parlementaire malaisien, a fait l’objet de procès à caractère politique et a été condamné à une peine de cinq ans d’emprisonnement en 2015 ; l’UIP a assisté aux procès en qualité d’observateur et a mené une mission sur place – avec notamment une visite de M. Ibrahim en prison –, avant son retour au Parlement en 2018 et sa nomination au poste de premier ministre en 2022.
La sénatrice philippine Leila de Lima a été détenue pendant sept ans sur la base d’accusations largement contestées – elle a été acquittée en 2024, notamment grâce à la mobilisation acharnée de l’UIP, avec notamment des visites de la sénatrice en prison.
Une année placée sous le signe des droits de l’homme
Pour marquer cet anniversaire, l’UIP a fait des droits de l’homme son thème prioritaire pour 2026.
Les temps forts de l’année comprendront :
un volet spécial organisé dans le cadre de la 152e Assemblée de l’UIP à Istanbul (Türkiye), le 18 avril, mettant à l’honneur les réalisations du Comité ;
le lancement de la campagne intitulée Mettre en lumière les droits de l’homme – L'avenir des droits s'écrit dans les parlements, une nouvelle initiative visant à mobiliser les parlementaires, à promouvoir des réformes institutionnelles et à renforcer la solidarité mondiale envers les parlementaires en danger ;
l’ouverture des nominations pour le Prix Cremer-Passy 2026, nommé en hommage aux fondateurs de l’UIP, qui récompensera des parlementaires ayant contribué de manière exceptionnelle à la promotion des droits de l’homme ;
une conférence parlementaire mondiale consacrée aux droits de l’homme, organisée par l’UIP à Genève (Suisse) en novembre.
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L’UIP est l’organisation mondiale des parlements nationaux. Elle a été fondée en 1889 pour encourager la coopération et le dialogue entre toutes les nations, en tant que première organisation politique multilatérale. Elle compte aujourd’hui 183 Parlements membres et 15 organismes parlementaires régionaux. Elle œuvre pour la paix, la démocratie et le développement durable, et aide les parlements à se renforcer, se rajeunir, être plus écologiques et se rapprocher de la parité hommes-femmes. Elle défend aussi les droits de l’homme des parlementaires par le biais d’un comité spécialisé comprenant des parlementaires issus de toutes les régions du monde.
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