Lorsque le Parlement du Ghana a décidé d’agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre nocives pour le climat, l’UIP a proposé son aide au Parlement pour lui fournir un appui, une expertise technique et un accompagnement dans le renforcement de ses capacités. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec les parlementaires pour les aider à mieux comprendre les engagements du Ghana au titre de l’Accord de Paris de 2015 et à déterminer des leviers d’action parlementaire – notamment en matière d’émissions de méthane – susceptibles de contribuer à la mise en oeuvre des engagements.
Le méthane a un impact sur le réchauffement de la planète environ 80 fois supérieur à celui du CO2 et est responsable d’environ 30 % du réchauffement actuel. Étant donné que le méthane est un polluant de courte durée de vie – il ne reste dans l’atmosphère que 12 ans, contre des siècles pour le CO2 –, la réduction du méthane constitue un levier immédiat pour enrayer le réchauffement de la planète, offrant ainsi aux pays un moyen d’action rapide tout en continuant de réduire les émissions à plus long terme.
Lors de la 151e Assemblée de l’UIP à Genève, le Secrétaire général du Parlement du Ghana et le Secrétaire général de l’UIP ont signé un cadre de coopération visant à renforcer les capacités des parlementaires ghanéens en vue de réduire les émissions de méthane, avec le soutien philanthropique du projet Global Methane Hub, un réseau mondial d’experts et de décideurs oeuvrant à l’atténuation des émissions de méthane.
Le Président du Parlement, Alban Kingsford Sumana Bagbin, a donné le coup d’envoi officiel du partenariat à Accra le 31 octobre, à l’occasion de la première session de l’atelier intitulé Intensifier la contribution parlementaire à la lutte contre les changements climatiques : renforcer les capacités et accroître les efforts de réduction des émissions de méthane. «Il est important d’intensifier les efforts pour réduire les émissions de méthane, qui est un puissant gaz à effet de serre. Réduire les émissions de méthane est donc l’un des moyens les plus rapides et les plus efficaces de ralentir le réchauffement de la planète», a-t-il déclaré devant les participants.
M. Bagbin a également remercié l’UIP pour son soutien et a exhorté la Commission du budget du Parlement à accorder la priorité aux investissements dédiés aux initiatives en faveur du climat, en particulier celles qui favorisent la réduction des émissions de méthane et l’innovation verte. «Les changements climatiques ne sont pas une menace lointaine, mais une crise mondiale qui exige une action législative résolue. En investissant dans la réduction des émissions de méthane et dans les technologies vertes, le Parlement peut contribuer à façonner un environnement durable pour le Ghana», a-t-il ajouté. Jusqu’à récemment, la question des émissions de méthane n’était guère prise en compte dans les débats parlementaires.
Le programme de renforcement des capacités de l’UIP contribue à inscrire cette question à l’ordre du jour du Parlement et aide également les parlementaires à mieux comprendre comment la lutte contre les émissions de méthane s’intègre dans les engagements du Ghana en matière climatique, ainsi que dans le cadre institutionnel et les priorités politiques du pays.
À l’issue du premier atelier, le Parlement a rédigé une déclaration sur le méthane, inscrivant ainsi cette question dans l’agenda politique. Les parlementaires ont également rencontré des représentants d’organismes publics, comme l’Agence de protection de l’environnement, pour discuter des initiatives existantes en matière de méthane ainsi que de l’importance du contrôle parlementaire, de la législation et de l’examen budgétaire.
Dans le cadre du programme, les parlementaires se sont rendus dans une région rizicole afin d’observer directement les effets des changements climatiques. Des solutions concrètes leur ont également été présentées, comme l’alternance humidification-assèchement, qui permet de réduire les émissions de méthane jusqu’à 70 % sans diminuer les rendements. Les parlementaires ont également profité de cette visite de terrain pour discuter avec la population locale de leurs préoccupations et des solutions envisageables.
Grâce à l’intervention de l’UIP, la réduction des émissions de méthane est désormais inscrite dans le programme de travail officiel de la Commission du budget pour 2026, garantissant ainsi un suivi actif de cette question par le Parlement. La Commission s’est également rendue récemment pendant
deux semaines dans des entreprises minières pour discuter de la contribution du secteur minier aux émissions de méthane, ainsi que des mesures de suivi et d’atténuation envisageables, et sensibiliser à ces questions.
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