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Bulletin de l'innovation | 24e édition | 15 janv 2026
Anticonférence sur l’IA dans les petits parlements (crédit : CIP de l'UIP)

Anticonférence sur l’IA dans les petits parlements (crédit : CIP de l'UIP)

Aider les petits parlements à s'orienter dans leur parcours d'IA

Conclusions de l'anticonférence sur IA dans les petits parlements, lors de la conférence Le rôle du parlement dans l'élaboration d'une IA responsable, qui s’est tenue du 28 au 30 novembre 2025 à Kuala Lumpur (Malaisie).

Lorsque des représentants des parlements suivants : Îles Cook, Palaos, Tonga, Trinité-et-Tobago et Vanuatu, se sont réunis pour une anticonférence sur l'IA dans les petits parlements, ils ont partagé une expérience commune. Ils ont découvert le potentiel transformateur de l'IA, mais tous devaient répondre à une question centrale : comment mettre cela en œuvre dans leur pays ?

La réalité organisationnelle, et non les connaissances techniques, est le véritable défi, comme le souligne la faible représentation des hauts dirigeants et des parlementaires des petits parlements à la conférence. Les employés moins expérimentés ont désormais acquis de nouvelles compétences grâce aux séances de la conférence et aux opportunités de transmission du savoir entre pairs, mais ils n’ont pas l’autorité nécessaire pour mener à bien des changements institutionnels. Par ailleurs, leurs responsables hiérarchiques restent largement absents des discussions sur l’IA.

Cette déconnexion montre que les petits parlements manquent souvent de ce dont disposent les premiers utilisateurs de l’IA : des groupes de travail réunissant des parlementaires, des administrateurs, de hauts responsables et du personnel informatique pour des discussions approfondies et interfonctionnelles. Sans ces entités de coordination, il n'y a pas d'échanges entre les connaissances techniques et la vision politique.

Trois piliers, un défi

Le Cadre de maturité pour l’IA dans les parlements de l’UIP identifie trois piliers pour une adoption réussie : la capacité organisationnelle, les cadres de gouvernance et les capacités techniques. Cependant, il convient de noter que ces trois piliers sont interdépendants et ne peuvent se développer isolément. Le personnel technique ne peut renforcer ses capacités sans cadres de gouvernance, la gouvernance manque de légitimité sans l’engagement des responsables, l’engagement des responsables nécessite une prise de conscience organisationnelle.

Pour les petits parlements, cela crée un paradoxe. Les hauts dirigeants préfèrent souvent suivre les conseils de leurs pairs expérimentés ou d’institutions reconnues telles que l’UIP, ce qui peut retarder les initiatives venant des niveaux inférieurs. Cette même préférence, cependant, ouvre la voie à des stratégies d’adoption que les pairs soutiennent et que les responsables approuvent.

Entamer la discussion

La solution ne réside pas dans la technologie, mais dans la création de conditions propices à une prise de décision éclairée. Les participants ont mis en évidence trois actions immédiates :

  • Mettre en place des groupes de travail interfonctionnels qui transcendent les hiérarchies parlementaires, réunissant des parlementaires pouvant défendre les valeurs démocratiques, des administrateurs qui apportent leur autorité institutionnelle et des membres du personnel qui partagent leur expertise spécialisée.

  • Former des relais à différents niveaux. L’adoption de l’IA nécessite des relais dans les domaines technique, administratif et politique, chacun s’adressant à ses interlocuteurs selon des termes appropriés.

  • Utiliser des outils de diagnostic tels que le Cadre de maturité pour l’IA dans les parlements afin d’évaluer les capacités actuelles, d’identifier les lacunes, de tracer des voies de développement réalistes adaptées aux contextes et aux contraintes institutionnels, et de soutenir le renforcement des capacités ainsi que la transmission collective du savoir.

Des ressources efficaces

Les petits parlements apprécient particulièrement les ressources pratiques. Des modèles de politiques et des ensembles de règles provenant d’institutions partenaires permettent de réduire les réticences liées à l’adoption des outils d’IA. Les webinaires que l’UIP organise, au cours desquels des parlements de taille similaire échangent leurs expériences, constituent une source inestimable de transmission du savoir entre pairs. Les supports courts, tels que les vidéos présentant des parlementaires montrant l'usage qu'ils font de l’IA, s’avèrent plus efficaces pour sensibiliser les responsables politiques que les longs documents techniques.

La mise en œuvre réussie de l’IA commence par une communication stratégique à tous les niveaux organisationnels : expliquer la valeur de l’IA en termes parlementaires, répondre aux craintes liées à la perte d’emplois et démontrer les gains rapides qui renforcent la confiance et créent une dynamique. Pour les petits parlements, le cheminement vers l’adoption de l’IA diffère de celui des premiers utilisateurs dotés de ressources importantes. La réussite dépend moins de la sophistication technique que de la capacité à établir un consensus interne, à mettre en place une coordination interfonctionnelle et à tirer parti des réseaux de soutien entre pairs. L’anticonférence a montré que les petits parlements ne sont pas seuls dans cette démarche : grâce aux réseaux de l’UIP, aux échanges entre pairs et au partage des ressources, ils peuvent bénéficier d’une transmission collective du savoir, tout en adaptant les approches à leur situation et à leurs capacités particulières