La conférence a réuni de nombreux militants interconfessionnels de longue date et des experts de la société civile issus d’organisations multilatérales et non gouvernementales, qui ont tous associé des acteurs religieux aux efforts de consolidation de la paix. L’UIP a partagé la tribune avec des représentants de l’ONU, du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI) et de l’Universal Rights Group pour discuter de la manière dont les cadres multilatéraux et intergouvernementaux pourraient aborder les discours de haine. Le document final, le Cadre de Tirana pour la lutte contre l’intolérance, a défini cinq objectifs clés pour combattre l’intolérance et favoriser l’inclusion, qui renforcent également les efforts conjoints, y compris ceux des parlementaires. L’un des points d’action portait sur la création d’alliances multisectorielles :
"La collaboration est essentielle. Les efforts de lutte contre l’intolérance, y compris l’antisémitisme, l’islamophobie/la haine à l’encontre des musulmans, les préjugés à l’égard des minorités chrétiennes et d’autres minorités religieuses et de conviction, la xénophobie, le racisme, le sexisme et d’autres formes omniprésentes d’intolérance discriminatoire, doivent être collaboratifs. L’action conjointe des autorités publiques, des organismes multilatéraux, des dirigeants communautaires, des acteurs confessionnels, des entreprises, des médias et des groupes civiques peut être cruciale pour promouvoir des actions qui réduisent la haine et favorisent l’inclusion."
L’accent mis par le Forum HR30 sur les discours de haine s’inscrit dans le prolongement d’un important travail entamé lors de discussions à Wilton Park en mai 2024, où s’était tenue une réunion sur le thème Addressing the rise in global hatred on the basis of religion or belief (Lutter contre la montée de la haine fondée sur les religions ou les convictions dans le monde), à laquelle l’UIP avait également participé. De ces discussions est née l’initiative de lutte contre les discours de haine, menée par M. Ahmed Shaheed, professeur à l’Université d’Essex, ainsi qu’une attention particulière portée à la mobilisation religieuse visant à lutter contre la polarisation, menée par M. Fadi Daou de Globethics.
En février 2025, Wilton Park a réuni des chefs religieux, des organisations multilatérales et des experts d’Europe et du Moyen-Orient pour discuter du rôle et de la responsabilité des chefs religieux en temps de guerre, d’atrocités et de polarisation. Ces discussions à huis clos se sont déroulées en partenariat avec l’Ambassade britannique près le Saint-Siège et Globethics, et en association avec le HCDH. Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme a déclaré :
"De nombreux États ne disposent toujours pas d’une législation complète contre la discrimination, qui est un outil fondamental pour protéger les personnes contre la violence et le harcèlement liés à leur religion. En plus de punir et de dissuader de tels actes, la législation permet aux personnes de toutes confessions de participer plus pleinement à la vie culturelle, religieuse, sociale, économique et publique, ce qui, en soi, peut réduire les tensions et favoriser la compréhension.
J’invite donc instamment les chefs religieux et les autorités politiques à œuvrer ensemble à la mise en place de lois exhaustives et d’institutions au mandat étendu permettant de lutter contre la discrimination, et à les solliciter si elles existent."
L’un des objectifs déclarés de ces discussions était de contribuer à la Conférence parlementaire de l’UIP sur le dialogue interconfessionnel en juin 2025.