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Consultancy

Mission de consultant : poursuite du projet sur l’intimidation des parlementaires par le public

La première phase de l'étude mondiale de l'UIP sur l'intimidation des parlementaires par le public a révélé une animosité généralisée et croissante du public à l'égard des parlementaires, phénomène qui s'exprime de plus en plus sur le support numérique. Cette phase a fourni de nouvelles données et études de cas, ainsi qu'une enquête mondiale qui a, pour la première fois, explicité la portée et les formes de l'intimidation des parlementaires par le public. 

La phase 1 a mis en évidence plusieurs lacunes critiques sur le plan des connaissances. Tout d'abord, bien qu'un grand nombre de pays et de chercheurs se soient penchés sur le harcèlement subi par les représentants politiques, il n'existe pour l'instant aucun suivi mondial systématique de l'intimidation des parlementaires, tout particulièrement en temps réel. Ensuite, des données empiriques montrent que l'intimidation influe sur le travail des parlementaires, qu'elle amène, pour certains, à s'auto-censurer, à prendre leurs distances avec le public, voire à quitter tout bonnement la politique et les conséquences à long terme en matière de comportement des parlementaires et de confiance dans la démocratie restent peu étudiées. Par ailleurs, la riposte n'a pour l'instant que peu misé sur la prévention (lutter contre les facteurs d'animosité et encourager une collaboration constructive entre les citoyens et leurs représentants). Enfin, la dimension sexiste de la violence politique a fait l'objet de nombreuses recherches, notamment dans le cadre des études de l'UIP sur le sexisme, le harcèlement et la violence à l'encontre des femmes dans les parlements, mais son intégration dans des outils de suivi et des réponses institutionnelles exige plus ample réflexion, en tenant compte du fait que les femmes et les autres groupes vulnérables sont souvent des cibles privilégiées.

La seconde phase du projet portera donc sur ces lacunes, qu'il s'agira de combler. Elle permettra de mieux comprendre comment l'intimidation en ligne et hors ligne de la part du public façonne le comportement des parlementaires et le fonctionnement du parlement, d'étudier les causes profondes de l'intimidation sur les plans politique, social et technologique et de définir des mécanismes et des bonnes pratiques institutionnels de nature à assurer une protection et une prévention efficaces. L'une de ses composantes clés sera constituée par une étude de faisabilité portant sur un moniteur mondial de l'intimidation des parlementaires, dont l'objectif est d'étudier les solutions permettant d'instaurer un mécanisme de suivi mondial reposant sur les initiatives existantes et garantissant l'intégration de la perspective des droits de l'homme et du genre tout en laissant ouverte la question de la portée et de la conception. Cette étude de faisabilité se penchera également sur l'intérêt d'intégrer les cas de violence étatique, qui relève du mandat du Comité des droits de l'homme des parlementaires de l'UIP (CDHP), et sous quelle forme, ainsi que sur la complémentarité à assurer avec les études de l'UIP sur le sexisme, le harcèlement et la violence à l'encontre des femmes dans les parlements. 

Mission

Le/la consultant(e), placé(e) sous l'autorité du Responsable du Programme des droits de l'homme de l'UIP, s'acquitte des missions qui suivent.

  • Améliorer la capacité mondiale de suivi : rédiger et tester une étude de faisabilité portant sur un moniteur mondial de l'intimidation des parlementaires conçu pour remédier à la fragmentation actuelle des données. Cette étude :
    · déterminera et évaluera les outils de suivi existants aux échelons national, régional et international
    · cernera les possibilités de les développer et de les intégrer
    · envisagera explicitement l'intégration de la violence d'État et de la violence du public, en ligne et hors ligne
    · intégrera la sensibilité au genre et l'intersectionnalité et
    · proposera des garanties préservant des abus (par exemple le fait de présenter abusivement l'intimidation par le public comme "pire" que la violence d'État),
  • améliorer la compréhension de l'incidence de l'intimidation : mener des recherches comparatives portant sur l'influence exercée par l'intimidation sur le comportement, les prises de position, la visibilité et les choix politiques des parlementaires, en mettant plus particulièrement l'accent sur l'auto-censure, le départ des plateformes en ligne et le retrait prématuré de la vie politique,
  • analyser les causes profondes : analyser les facteurs d'intimidation sur les plans politique, social et technologique (polarisation, méfiance à l'égard des institutions, amplification algorithmique) et leur intersectionnalité avec le genre, l'appartenance à une minorité historiquement défavorisée, l'âge, mais aussi, par exemple, l'état civil, l'origine socioéconomique, le degré d'instruction...),
  • élaborer des stratégies préventives : appliquer la théorie du changement comportemental et social dans le but de concevoir des approches réduisant l'animosité à l'égard des parlementaires, de renforcer les exigences de civilité dans les prises de position politiques et de favoriser l'implication positive du public,
  • intégrer le genre dans l'ensemble du travail : veiller à ce que les études de cas nationales, les outils de suivi et les outils en général intègrent la perspective de genre et s'inspirent de la recherche existante de l'UIP et d'autres organisations en matière de violence à l'encontre des femmes en politique,
  • définir et mettre en commun les réponses institutionnelles : recueillir et comparer les cadres juridiques et politiques nationaux et les pratiques parlementaires (codes de conduite, systèmes de signalement, services de soutien) afin de constituer et de diffuser des grilles d'analyse et des outils pratiques à l'intention des parlementaires du monde entier,
  • examiner le rôle de l'amplification algorithmique et de la violence coordonnée (ou non) en ligne, se pencher sur l'utilisation de l'IA et de l'analyse de données dans un but de détection et d’atténuation des menaces et évaluer la responsabilité des plateformes technologiques et l'efficacité des cadres actuels d'atténuation et de redevabilité,
  • mener de nouvelles études de cas nationales sur l'intimidation des parlementaires (venant s'ajouter aux études de cas existantes en Argentine, au Bénin, en Italie, aux Pays-Bas et en Malaisie), tout particulièrement dans les régions sous-représentées, y compris, s'il y a lieu, en se déplaçant dans les pays retenus pour y interroger des parlementaires et d'autres parties prenantes,
  • participer à d'autres champs d'activité de l'UIP, s'il y a lieu.
  • les collaborateurs de l'UIP (en particulier les membres des équipes chargées des droits de l'homme, de l'égalité des sexes, du renforcement des capacités, de la participation des jeunes et du centre de ressources),
  • les parlements, les parlementaires, notamment les groupes politiques de la majorité et de l'opposition, les forums ou instances parlementaires de femmes et de jeunes et les membres du personnel parlementaire,
  • les institutions universitaires travaillant sur les questions en lien avec la violence à l'encontre des parlementaires (ou d'autres figures d'autorité),
  • les organisations de la société civile.

Ce travail exigera une collaboration étroite avec diverses parties prenantes, parmi lesquelles :

  • les collaborateurs de l'UIP (en particulier les membres des équipes chargées des droits de l'homme, de l'égalité des sexes, du renforcement des capacités, de la participation des jeunes et du centre de ressources),
  • les parlements, les parlementaires, notamment les groupes politiques de la majorité et de l'opposition, les forums ou instances parlementaires de femmes et de jeunes et les membres du personnel parlementaire,
  • les institutions universitaires travaillant sur les questions en lien avec la violence à l'encontre des parlementaires (ou d'autres figures d'autorité),
  • les organisations de la société civile.

Prestations

  1. Plan de travail détaillé pour la poursuite du projet en 2026,
  2. étude de faisabilité portant sur un moniteur mondial répertoriant les initiatives existantes, définissant les lacunes et proposant des modèles de suivi durable (en laissant ouvertes la forme et la portée définitives),
  3. rapport d'orientation comparatif analysant l'influence de l'intimidation sur le comportement des parlementaires et la confiance du public,
  4. compendium d'approches préventives inspirées des sciences comportementales et des bonnes pratiques,
  5. études de cas nationales dans les régions sous-représentées, en veillant à intégrer la dimension de genre dans l'analyse,
  6. outil à l'intention des parlementaires s'inspirant des ressources existantes, mais comblant les lacunes relevées et proposant des mesures concrètes en matière de protection, de signalement et d'implication du public,
  7. rapports et contributions des réunions du conseil consultatif et de réunions de parties prenantes ciblées

Durée

Le temps de travail maximum escompté du/de la consultant(e) est de 210 jours (pour une journée de travail de 7,5 heures). La mission du consultant s'étend du 1er novembre 2025 au 31 décembre 2026.  Sous réserve que le travail réalisé soit de qualité et le financement assuré, il se peut que la mission soit prolongée. 

Lieu 

Le consultant travaille à distance, mais il serait également envisageable que la mission se déroule dans les locaux de l'UIP. Des déplacements seront probablement requis, par exemple lors des recherches à réaliser pour les études de cas ou pour participer aux Assemblées de l'UIP. 

Critères

  • Il est exigé des candidats à cette mission de consultant qu'ils satisfassent aux critères suivants :
  • diplôme universitaire supérieur dans un domaine pertinent (sciences politiques ou sociales),
  • compétences dans des domaines liés à la violence à l'encontre des titulaires d'une charge publique, idéalement des parlementaires ; dans certains cas, les compétences dans des domaines liés à la violence à l'encontre d'autres figures d'autorité seront éventuellement prises en considération,
  • expérience de la direction de projets de recherche complexes, idéalement sur des sujets étroitement liés au projet en question,
  • expérience de l'intégration de la perspective de genre dans les travaux de recherche sur la violence,
  • bonne connaissance des statistiques,
  • bonne connaissance du travail des parlementaires et de leur interaction avec le public,
  • excellente maîtrise de l'anglais écrit et parlé ; la capacité à lire ou parler le français ou l'espagnol est cruciale,
  • connaissance des outils d'IA pertinents,
  • aptitude à travailler tant de manière indépendante qu’au sein d’une équipe,
  • capacité à faire preuve de sensibilité culturelle,
  • excellente gestion du temps et attention minutieuse aux détails.
Comment appliquer

Les candidats sont priés de soumettre les pièces suivantes :

  • curriculum vitae
  • un bref descriptif expliquant en quoi leur profil est adapté à cette mission et une proposition de méthode pour la mise en œuvre du projet
  • le montant de la rémunération journalière proposée par le consultant
  • la date à laquelle il/elle est disponible pour commencer la mission

Pour de plus amples informations, veuillez prendre contact avec Rogier Huizenga au Secrétariat de l'UIP ([email protected]).

La date butoir de présentation des candidatures a été fixée au 10 octobre 2025.

Les dossiers de candidature doivent être envoyés par courrier électronique à l'adresse : [email protected] dans un message portant comme sujet "Consultant(e) - Intimidation des parlementaires". 

Seules les personnes dont la candidature est retenue seront contactées. Les candidatures reçues après la date butoir seront écartées.

Conditions d’emploi

Le/la consultant(e) est un travailleur indépendant, qui n'est pas considéré comme un représentant ni un salarié de l'UIP et n'est pas soumis au Règlement ni au Statut du personnel. Le collaborateur externe ne peut recouvrer auprès de l'UIP l'impôt sur le revenu dont il a dû s'acquitter sur la rémunération prévue par son contrat et est seul redevable du paiement de l'impôt national sur le revenu auquel donne lieu ladite rémunération. Le collaborateur externe n'est pas couvert par le plan de retraite des employés de l'UIP.

Principes de recrutement 

Le principe directeur régissant le choix des candidats est de garantir le degré d’efficacité, de compétence et d’intégrité le plus élevé. L'UIP ne fait aucune discrimination et s'efforce de promouvoir la diversité au sein de son personnel. 

Notre Organisation accorde une attention particulière aux candidatures provenant des pays en développement et veille à l’équilibre hommes-femmes. Elle s’applique à offrir un cadre qui mette en valeur la contribution de chaque individu.

Tout notre personnel doit avoir les qualités suivantes :

  • motivation et ferme adhésion aux principes de l’UIP
  • aptitude à travailler au sein d’une équipe pluriculturelle
  • compétences techniques solides dans le domaine concerné
  • expérience professionnelle au sein d’institutions nationales et/ou internationales

Tous les membres de notre personnel doivent adhérer au Code de conduite du personnel de l'UIP et à notre Politique de prévention et de lutte contre la fraude et la corruption.

Le travail de l'UIP s'inspire des Principes communs en matière d’assistance aux parlements, qui décrivent une série de principes fondamentaux devant être respectés lors de la planification et de la mise en œuvre des programmes destinés à renforcer la capacité des parlements.

Le/la consultant(e) devra intégrer les Principes communs dans son travail.

Date limite: