Contexte
L’Union interparlementaire (UIP), organisation mondiale des parlements nationaux, compte 183 parlements membres et 15 Membres associés. L’UIP promeut une gouvernance, des institutions et des valeurs démocratiques, de concert avec les parlements et parlementaires afin de faire ressortir et de répondre aux besoins et aspirations des citoyens. Elle œuvre pour la paix, la démocratie, les droits de l’homme, l’égalité des sexes, l’autonomisation des jeunes, l’action climatique et le développement durable grâce au dialogue politique, la coopération et l’action parlementaire. L’UIP a aidé plus de la moitié de ses Parlements membres à renforcer leur capacité à remplir leurs fonctions. Elle collabore avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), tant au niveau national qu’international, depuis plus de 40 ans. Le PNUD et l’UIP œuvrent ensemble dans le cadre d’un programme mené dans le Pacifique pour soutenir les parlements de la région.
Le PNUD soutient plus de 60 parlements dans le monde entier afin de renforcer le parlement en tant qu’institution garante de la bonne gouvernance, du développement inclusif et de la redevabilité publique.
Dans le Pacifique, le Bureau du PNUD pour le Pacifique aide les parlements du Pacifique à remplir leurs fonctions essentielles, à savoir l’élaboration des lois, le contrôle et la représentation. Le Bureau du Pacifique a aidé les parlements du Pacifique à réformer les services professionnels parlementaires, a organisé des formations et des activités visant à renforcer les services de bibliothèque et de recherche parlementaires, a apporté un soutien politique axé sur le plaidoyer pour les ODD, a soutenu la production de notes d’information budgétaires à l’intention des députés afin de permettre la tenue de débats éclairés sur les budgets nationaux, a multiplié les possibilités d’implication des citoyens et des organisations de la société civile dans les travaux du parlement, a renforcé les capacités des députés et du personnel sur des points de fond et de procédure ainsi que pour des compétences telles que la prise de parole en public, les relations avec les médias, l’art du débat et les codes de conduite, et soutenu l’élaboration de cadres institutionnels visant à garantir que les parlements disposent d’un pouvoir et d’une indépendance suffisants pour contribuer au développement démocratique.
Les parlementaires sont confrontés à un harcèlement et à des violences en ligne importants, qui fragilisent leur participation et nuisent à leur sécurité dans la vie politique. Le rapport de l’UIP intitulé Violences politiques : quand les parlementaires deviennent la cible de l’hostilité publique révèle que 71 % des parlementaires interrogés ont déclaré avoir subi des violences de la part du public. Dans cinq pays cibles, entre 65 % et 77 % des parlementaires ont signalé avoir été victimes d’abus en ligne.
Les femmes parlementaires sont particulièrement touchées. Depuis 2016, l’Union interparlementaire mène une série d’études sur le sexisme, le harcèlement et la violence à l’encontre des femmes au parlement, qui ont mis en lumière la nature et l’ampleur de la violence en ligne à l’encontre des femmes parlementaires. En 2025, l’UIP, en partenariat avec l’Association parlementaire du Commonwealth (APC) et l’Assemblée interparlementaire de l’ASEAN (AIPA), a publié le rapport intitulé Sexisme, harcèlement et violence à l’encontre des femmes dans les parlements de la région Asie-Pacifique, qui met en évidence une augmentation alarmante de la violence sexiste en ligne par rapport aux niveaux signalés dans les précédentes études régionales de l’UIP. L’étude de l’UIP révèle qu’aucun pays de la région Asie-Pacifique n’a adopté de législation traitant spécifiquement de la violence à l’égard des femmes en politique, et que 12 pays ont adopté des lois contre le cyberharcèlement visant les femmes ; toutefois, rares sont celles qui couvrent le harcèlement sexuel ou les manifestations les plus préjudiciables et répandues de la violence sexiste facilitée par la technologie.
Afin d’aider les parlements à lutter contre cette forme de violence, il est nécessaire de disposer d’un outil régional pratique fournissant des orientations, des stratégies et des ressources adaptées au contexte du Pacifique.
Les bonnes pratiques existantes ont été recensées. Dans la région du Pacifique, le PNUD aux Fidji a mené des recherches sur le cyberharcèlement en ligne et les attaques ciblées visant notamment le travail des parlementaires et leur volonté de se présenter à des fonctions publiques. L’UIP et le PNUD ont récemment élaboré un ensemble de lignes directrices et d’outils institutionnels sur la violence à l’encontre des femmes en politique et ses formes facilitées par la technologie, qui constitue le fondement de l’outil régional du point de vue de la dimension de genre. En juin 2026, l’UIP et le Programme des Nations unies pour le développement ont publié conjointement le document intitulé Combattre la violence contre les femmes en politique : réponses institutionnelles et bonnes pratiques parlementaires. D’autres publications ont également vu le jour, notamment le rapport de l’UIP intitulé Lutter contre les images intimes non consenties et le Plan d'action visant à atteindre la parité hommes-femmes dans les parlements
Objectif
Élaborer un outil régional complet pour le Pacifique permettant aux parlements de prévenir, enrayer et atténuer efficacement la violence sexiste facilitée par la technologie dirigée contre les parlementaires, en s’appuyant sur les conclusions des recherches du PNUD et de l’UIP, ainsi que sur les bonnes pratiques en matière d’accompagnement parlementaire adapté aux situations sensibles.
Fonctions et responsabilités
Placés sous l’autorité de la Responsable du programme Coopération technique de l’UIP, les experts sont chargés d’accomplir les tâches suivantes :
- mener des recherches ciblées sur les outils efficaces et percutants utilisés dans les milieux parlementaires et les institutions comparables, afin d’identifier les bonnes pratiques et les caractéristiques de conception susceptibles d’enrichir et de renforcer l’outil pratique sur la violence facilitée par la technologie
- analyser les travaux de recherche du PNUD sur le harcèlement en ligne des parlementaires dans le Pacifique, le rapport de l’UIP intitulé Violences politiques : quand les parlementaires deviennent la cible de l’hostilité publique, ainsi que les études relatives à la violence sexiste facilitée par la technologie dans le Pacifique et au-delà, en incluant la littérature, les politiques et les cadres applicables en matière de violence facilitée par la technologie
- créer, à l’intention des parlements, un outil pratique contenant des lignes directrices, des politiques-types, des modèles de modules de formation, des mécanismes de signalement et des ressources d’accompagnement destinés à lutter contre la violence facilitée par la technologie. L’un des domaines prioritaires de l’outil sera la violence sexiste facilitée par la technologie
- veiller à ce que l'outil tienne compte des spécificités culturelles, soit sensible au genre et s'adapte aux différents contextes parlementaires de la région du Pacifique
- présenter à l’UIP et au PNUD des versions préliminaires permettant de recueillir leurs réactions, puis d’intégrer leur contribution dans la version définitive des documents
- soumettre les documents définitifs en anglais, y compris tous les documents d’accompagnement et la synthèse
Contexte organisationnel
- L’expert(e) est placé(e) sous la responsabilité directe de la Responsable du programme Coopération technique de l’UIP.
- Tous les rapports et documents relatifs à la mission sont remis à la Responsable de programme de l’UIP.
- Tout le matériel technique requis, notamment les ordinateurs portables, l’impression, l’accès à Internet et les abonnements aux logiciels applicables à cette mission sont à la charge de l’expert(e).
Durée de la mission
Deux consultants sont recrutés pour cette mission, pour une durée maximale de 17 jours ouvrés dans la période allant du 01/10/2026 au 10/12/2026
Lieu d’affectation et déplacements
Diplômes requis (minimum)
- Diplôme d’études universitaires supérieures en sciences sociales, en sciences politiques ou en droit. Un diplôme universitaire supérieur est fortement souhaité.
Expérience
- Au moins cinq années d’expérience professionnelle acquise dans le domaine de l’inclusion politique parlementaire. Une expérience dans le domaine de l’égalité des sexes ou des droits des femmes constitue un atout
- expérience avérée dans le domaine de la violence facilitée par la technologie, y compris une bonne connaissance de ses principales manifestations ainsi que des mesures de prévention et d’intervention
- au moins dix années d’expérience du renforcement parlementaire. Une expérience avérée de collaboration avec des parlements et des parlementaires dans différents pays et contextes régionaux est requise
- expérience avérée de l’élaboration de cadres d’action, de plans d’action ou d’outils pratiques à usage institutionnel, avec des exemples de matériel publié ou adopté
- expérience de travail dans la région du Pacifique
- solides compétences en matière de recherche, d’analyse et de mobilisation des parties prenantes
- une bonne connaissance de l’UIP et des mécanismes parlementaires régionaux constitue un atout majeur.
Excellente maîtrise de la communication écrite et orale en anglais.
Compétences
- Bonnes aptitudes en matière de représentation et de liaison
- excellentes aptitudes relationnelles, interculturelles, de communication et d’établissement de contacts et capacité avérée à établir et entretenir des relations professionnelles
- respect des délais
- excellente maîtrise de la communication écrite et orale en anglais
- solides compétences en analyse et en recherche et capacité de synthèse de données provenant de sources multiples pour en tirer des orientations institutionnelles concrètes
- jugement sûr et discrétion dans le traitement d’informations sensibles
Prestations escomptées
Prestation | Date butoir |
- Rapport initial (5 pages maximum) présentant la méthodologie et le plan de travail.
| Dans les 14 jours suivant la signature du contrat |
- Projet de rapport comparant différents outils parlementaires, identifiant les bonnes pratiques et présentant les principes de conception et les fonctionnalités afin servir de base à l’élaboration de l’outil sur la violence facilitée par la technologie de la région du Pacifique
| 15 jours après l'examen du rapport initial |
- Projet d’outil à l’intention des parlements pour prévenir la violence facilitée par la technologie et y remédier
| 15 jours après l’intégration des retours |
-
- Outil régional définitif intégrant les retours
- Synthèse détaillant le processus, les principales recommandations et les étapes futures
| 10 jours après l'intégration des retours |
Recruitment principles
Le principe directeur régissant le choix des candidats est de garantir le degré d’efficacité, de compétence et d’intégrité le plus élevé. L'UIP ne fait aucune discrimination et s'efforce de promouvoir la diversité au sein de son personnel.
Notre Organisation accorde une attention particulière aux candidatures provenant des pays en développement et veille à l’équilibre hommes-femmes. Elle s’applique à offrir un cadre qui mette en valeur la contribution de chaque individu.
Tout notre personnel doit adhérer dans le cadre de son travail aux Principes communs de l’UIP en matière d'assistance aux parlements.
Tous les membres de notre personnel doivent adhérer au Code de conduite du personnel de l'UIP et à notre Politique de prévention et de lutte contre la fraude et la corruption, que vous pouvez télécharger sur la page suivante : www.ipu.org/fr/travailler-avec-nous, ainsi qu’à notre politique visant à prévenir et à éliminer le harcèlement, y compris le harcèlement sexuel, lors des Assemblées et autres événements de l’UIP, téléchargeable sur : www.ipu.org/fr/propos-de-luip/structure-et-gouvernance/statuts-et-politiques-de-luip.