Skip to main content
Actualités en bref

La Conférence de Libreville envisage des stratégies pour les parlements à l’issue d’une période de transition

gabon

Une conférence de haut niveau pour les parlements d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale actuellement en transition s’est tenue à Libreville (Gabon) sur le rôle des institutions législatives de transition pour le retour à un ordre constitutionnel durable.

Cet événement de deux jours (5 et 6 mai 2025) a été l’occasion pour les présidents des Parlements du Gabon, de la Guinée et du Tchad d’échanger des points de vue et des enseignements, et d’établir des liens de solidarité dans une région qui a connu récemment d’importants bouleversements politiques.

Une plateforme pour l’échange d’expériences et la création de synergies

Organisée par l’UIP, le parlement de transition du Gabon et International IDEA, la Conférence visait à favoriser le dialogue en offrant une plateforme pour l’échange d’expériences et la définition de bonnes pratiques pour les institutions législatives pendant les périodes de transition. Ces institutions jouent un rôle clé, car elles doivent faire face à de nombreux défis, notamment celui de répondre aux besoins essentiels de la société, tout en assurant la transition vers un ordre constitutionnel pacifique et durable. 

Il est primordial de préserver l’intégrité des processus parlementaires pour restaurer la confiance du public dans la démocratie. Les parlements sont confrontés aujourd’hui à des difficultés croissantes, et dans les contextes de transition, ces difficultés, ainsi que les attentes des populations, sont encore plus grandes. La Conférence a souligné le rôle des parlements de transition s’agissant de nouer le dialogue avec les citoyens, de rétablir la confiance et de jeter les bases d’un processus décisionnel inclusif, transparent et efficace après la phase de transition.

Dans son allocution liminaire, le Président de l’Assemblée nationale de transition du Gabon, Jean‑François Ndongou, a attiré l’attention sur l’objectif premier de la Conférence, à savoir d’"ouvrir un espace de dialogue et d’échange d’expériences entre les présidents des institutions législatives de transition sur le continent, afin de gérer efficacement le présent et de préparer au mieux l’avenir". Il a souligné l’importance de "rechercher des solutions africaines aux problèmes africains, en faisant intervenir des acteurs africains".

Le Secrétaire général de l’UIP, Martin Chungong, a mis en avant l’assistance fournie par l’UIP aux parlements de transition dans la région : au Gabon, en soutenant le développement constitutionnel conformément aux recommandations issues du dialogue national ; au Burkina Faso, en renforçant la gouvernance, la sécurité et l’inclusion par le biais de la formation ; en Guinée, en soutenant le parlement de transition dans le cadre du contrôle du budget ; et au Tchad, en préparant le Conseil national de transition aux fonctions parlementaires et en planifiant un soutien continu au nouveau parlement, y compris à la mise en place d’un sénat.

Une feuille de route pour l’avenir

La Conférence a débouché sur l’adoption de la Déclaration de Libreville, une déclaration conjointe qui expose les engagements et les stratégies visant à soutenir les parlements de transition et à rétablir l’ordre constitutionnel dans toute la région. En soulignant la nécessité de disposer d’institutions législatives inclusives, transparentes et efficaces, de garantir une bonne gouvernance et de respecter les droits de l’homme et l’état de droit, cette déclaration servira de référence pour les transitions en cours et à venir.

Des expériences concluantes au Gabon et au Tchad

Le récent retour à l’ordre constitutionnel au Gabon, avec l’investiture du Président Brice Clotaire Oligui Nguema, est considéré comme un exemple positif pour la région. Le processus de transition rapide du pays, avec un calendrier électoral précis et un engagement en faveur du dialogue politique et de l’inclusion, montre qu’une rupture politique peut donner lieu à une opportunité démocratique. Après les élections législatives prévues dans quelques mois pour le renouvellement du Parlement, toutes les institutions de gouvernance auront été renouvelées, avec le soutien de l’UIP.

Au Tchad, l’élection récente d’un nouveau Sénat a également marqué la fin de la période de transition. 

Contexte

Dans le cadre de ses programmes, l’UIP aide les parlements à renforcer leur capacité à remplir leur mandat constitutionnel, en particulier dans les pays en crise où ils jouent un rôle vital pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel. 

L’UIP a aidé notamment les parlements d’Afghanistan, du Burundi, du Myanmar, de la République démocratique du Congo, du Rwanda, de Sri Lanka et de la Thaïlande lorsque ces pays traversaient une période de crise. L’Organisation apporte une aide et des conseils pratiques en donnant accès à ses connaissances spécialisées, en organisant des échanges entre pairs ainsi que des formations, en contribuant à l’élaboration de nouvelles constitutions, en créant des cadres juridiques favorisant une prise de décision inclusive, en mobilisant les citoyens pendant les crises, en procédant à l’examen des structures parlementaires internes, en renforçant les capacités et les compétences des administrations et en organisant des séances d’initiation pour les nouveaux parlementaires.