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Actualités en bref

L’accession des femmes à des postes à responsabilités est en train de remodeler les institutions mondiales

Women on top

Rangée du haut (G-D) : Secrétaire général élu de l’UIP, Anda Philip, Secrétaire générale de l’UIT, Doreen Bogdan-Martin, et Directrice générale de l’OMC, Dr Ngozi Okonjo-Iweala. 

Rangée du bas (G-D) : Directrice générale de l’OIM, Amy Pope, Secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, et Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.  © UIP

À compter du 1er juillet 2026, pour la première fois en 137 ans d’histoire, le Secrétariat de l’Union interparlementaire sera dirigé par une femme.

Anda Filip (Roumanie) a été élue dixième secrétaire général de l'UIP lors de la 152e Assemblée de l’UIP à Istanbul, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste depuis la création de l’Organisation, en 1889. Elle succédera à Martin Chungong (Cameroun) dont le troisième et dernier mandat prendra fin le 30 juin 2026.

Il s’agit d’une première historique, ainsi que d’un moment empreint d’une signification profonde pour une organisation qui se consacre aux parlements, à la démocratie et à la représentation.

Depuis des décennies, l’UIP œuvre aux côtés des parlements pour promouvoir la participation égale des femmes à la vie politique, tout en suivant les progrès réalisés et en dressant le bilan des reculs subis. À ce jour, elle continue à produire des données de référence sur les femmes au parlement, à plaider en faveur de réformes et à inviter les institutions politiques à mieux représenter les citoyens qu’elles servent. 

L’élection d’Anda Filip, qui marque une étape importante dans le parcours institutionnel de l’UIP, reflète l’évolution plus générale enregistrée à la tête des organisations internationales.

Une évolution plus générale dans les plus hautes sphères mondiales 

L’élection d’Anda Filip intervient au moment où plusieurs autres institutions internationales chargées de façonner les règles, la coopération et les politiques publiques sont également dirigées par une femme pour la première fois de leur histoire.

À l’Organisation mondiale du commerce, Mme Ngozi Okonjo-Iweala est devenue en 2021 la première femme et la première Africaine à occuper le poste de directeur général. Reconduite pour un second mandat à compter de 2025, elle dirige une institution centrale pour les règles des échanges mondiaux, la coopération économique et le développement.

Mme Ursula von der Leyen, qui est devenue en 2019 la première femme appelée à présider la Commission européenne, a été élue pour un second mandat en 2024. Elle dirige l’une des institutions régionales les plus influentes au monde, dont les responsabilités englobent la réglementation, l’action en faveur du climat, la sécurité, la compétitivité et le rôle de l’Union européenne dans les affaires mondiales.

Dans le domaine de la technologie et de la connectivité, Mme Doreen Bogdan-Martin est devenue la première femme à diriger l’Union internationale des télécommunications lorsqu’elle a pris ses fonctions de secrétaire général, en 2023. Son accession à ce poste intervient à un moment où l’accès au numérique conditionne dans une mesure de plus en plus large la capacité des citoyens à apprendre, à travailler, à bénéficier de services et à participer pleinement à la vie publique.

Du côté de l’Organisation internationale pour les migrations, Mme Amy Pope est devenue la première femme directrice générale en 72 ans d’histoire de l’organisation. Sa mission l’amène à se pencher sur l’une des questions cruciales de notre époque, à savoir comment gérer la mobilité humaine à l’échelle internationale dans le respect de la sécurité et de la dignité ainsi que dans un esprit de coopération, sur la toile de fonds des conflits, des inégalités, des besoins en main-d’œuvre et de la pression climatique.

Le climat et la résilience offrent un autre exemple. Mme Celeste Saulo est devenue la première femme et la première Sud-Américaine à occuper, à partir de janvier 2024, le poste de secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale. Météorologue et ancienne directrice du Service météorologique national argentin, elle dirige une institution dont les travaux sur les services météorologiques, hydrologiques et climatiques étayent les systèmes d’alerte précoce, la préparation aux catastrophes et la sécurité publique.

Ces nominations ne constituent pas à elles seules le point d’aboutissement des efforts en faveur de la parité. Toutefois, prises dans leur ensemble, elles révèlent quelque chose d’important, à savoir le fait que les plus hautes sphères de la prise de décision internationale sont en train de devenir plus représentatives.

Une accession au pouvoir qui reflète la diversité des voix

Lorsque des femmes dirigent des institutions mondiales, elles bouleversent notre perception des personnes que nous considérons comme aptes à assumer des décisions complexes ayant un impact sur des millions de vies. La représentation aux plus hauts échelons élargit également l’éventail des expériences et des points de vue à partir desquels les institutions abordent les problématiques mondiales. Elle les aide à comprendre des réalités différentes et encourage les groupes marginalisés à se faire entendre.

Une enquête menée par la campagne GQUAL révèle qu’en 2023, 21 des 54 organisations internationales de premier plan n’avaient jamais été dirigées par une femme. Ce contexte, qui souligne l’importance de chaque « première », montre aussi clairement que les premières ne sont pas une fin en soi.

Pour l’UIP, il ne s’agit pas d’une question abstraite. Les recherches menées par l’Organisation dans le domaine de l’égalité des sexes ont depuis longtemps abouti à la conclusion que la participation politique des femmes doit aller au-delà de leur simple entrée dans les institutions. Elle doit inclure l’égalité en matière de pouvoir, une participation sécure, l’accession aux fonctions dirigeantes et la capacité à façonner les règles, les priorités et la culture de la vie publique.

L’élection d’Anda Filip s’inscrit dans le cadre de cette vision plus large. C’est une première, mais elle ne doit pas rester une exception.

Le poste tout au sommet 

Le prochain défi à relever concerne le poste qui se situe tout au sommet du système multilatéral. 

Au cours de ces 80 dernières années, neuf hommes se sont succédé au poste de secrétaire général des Nations unies. Aucune femme n’a jamais occupé cette fonction.

Lors de la 151e Assemblée de l’UIP à Genève, en octobre 2025, la Commission permanente des Affaires des Nations Unies de l'UIP a adopté une motion recommandant l’élection d’une femme au poste de secrétaire général des Nations Unies. Cette motion appelait les Parlements membres de l’UIP à mobiliser leur commission des affaires étrangères et leurs hauts responsables gouvernementaux pour qu’ils contribuent à constituer un vivier solide de candidates hautement qualifiées.

L’élection d’Anda Filip montre à quoi peut ressembler l’évolution d’une institution mondiale riche d’un long passé. Le travail qui nous attend consiste à faire en sorte que ces premières deviennent la norme plutôt que l’exception — dans les parlements, dans les institutions internationales et partout où des décisions sont prises au nom des peuples.