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Actualités en bref

En cette année marquée par de lents progrès, ces pays font avancer la représentation des femmes

Kyrgyzstan

Une femme dépose son bulletin de vote dans un bureau de vote lors des élections législatives anticipées au Kirghizstan, dans le village de Besh-Kungey, le 30 novembre 2025. (Photo par Vyacheslav OSELEDKO / AFP)

De la Bolivie au Kirghizistan, certains pays montrent qu’avec des règles adaptées et une volonté politique, de réels progrès vers la parité hommes-femmes au parlement sont à portée de main.

Des progrès lents, mais ponctués de moments d’inspiration : tel est le tableau qui se dégage du rapport annuel intitulé Les femmes au parlement en 2025, récemment publié par l’UIP. S’appuyant sur les données des 49 pays ayant renouvelé 62 chambres parlementaires l’an dernier, ce rapport constitue le baromètre de référence en matière de représentation des femmes au parlement.

Dans l’ensemble, le rapport dresse un tableau inquiétant des progrès accomplis à l’échelle mondiale vers l’objectif de la parité hommes-femmes en politique. Les femmes occupent 27,5 % des sièges au sein des parlements nationaux à travers le monde, soit une augmentation de seulement 0,3 point de pourcentage par rapport au taux de 2024. La proportion des présidentes de parlement a quant à elle reculé de près de 4 points de pourcentage par rapport à l’année précédente.

Pourtant, malgré la lenteur des progrès accomplis à l’échelle mondiale, des pays répartis sur les sept continents continuent de faire des avancées notables. Ils donnent des exemples précieux que nous espérons voir suivis par d’autres dans les années à venir.

La Bolivie atteint la parité hommes-femmes au sein de son Parlement

À l’issue des élections de 2025, la Bolivie a rejoint le cercle très restreint des six pays où les femmes représentent au moins 50 % des parlementaires. Les femmes ont remporté davantage de sièges dans les deux chambres du Parlement, où elles représentent désormais 51 % des députés (Chambre basse) et 58 % des sénateurs (Chambre haute).

Au cours des dernières décennies, ce pays d’Amérique du Sud a réalisé des progrès remarquables en matière de représentation des femmes au parlement grâce à un quota de parité entre les sexes adopté en 2010. En 2014, il a élu un parlement à majorité féminine et s’est maintenu depuis lors à un niveau proche de la parité.

Près de la moitié des femmes élues en 2025 ont 40 ans ou moins, ce qui témoigne d’un électorat ouvert à la jeunesse et laisse entrevoir des perspectives encourageantes pour l’avenir.

La représentation des femmes à la Chambre basse de l’Équateur atteint un niveau record

La représentation des femmes à l’Assemblée nationale de l’Équateur a atteint 45 % après les élections de 2025, soit une hausse de deux points de pourcentage et un record historique pour le pays. À l’instar de la Bolivie, l’Équateur a intégré plusieurs mécanismes à son système électoral pour permettre ces progrès, à commencer par une obligation de parité entre les sexes et d’alternance, en vigueur depuis 2008.

En 2020, le pays a adopté un système de scrutin à liste fermée, assorti d’une loi obligeant les partis à augmenter progressivement la proportion de femmes en tête de leurs listes. En 2021, ce seuil était fixé à 15 %. Il a été porté à 30 % pour les élections de 2023 et à 50 % pour celles de 2025.

L’Équateur est un autre exemple qui montre que des quotas de genre bien conçus et ambitieux contribuent de manière significative à faire progresser la représentation des femmes en politique.

Le Kirghizistan enregistre la plus forte progression en matière de représentation des femmes

Parmi tous les pays qui ont organisé des élections en 2025, le Kirghizistan a réalisé l’une des avancées les plus remarquables. La part des femmes au parlement y a bondi de 12,9 points de pourcentage, ce qui représente la plus forte progression enregistrée par un pays lors d’un seul scrutin l’année dernière.

Cela a été rendu possible grâce à une refonte du système électoral. Selon les règles précédentes, les quotas de genre ne s’appliquaient qu’aux sièges attribués à la proportionnelle. Les circonscriptions uninominales – où le taux de candidatures féminines n’atteignait que 6,5 % – n’étaient pas concernées.

Le système majoritaire mis en place en 2025 met fin à cette approche à deux niveaux. Désormais, dans l’ensemble des 30 circonscriptions, les candidats d’un même sexe ne peuvent occuper plus de deux des trois sièges disponibles. Concrètement, cela garantit aux femmes au moins un tiers de l’ensemble des sièges parlementaires, ce qui s’est concrétisé lors des élections de l’année dernière.

Il s’agit d’une illustration éloquente d’un principe qui ressort des conclusions de l’UIP année après année : la conception des quotas est tout aussi importante que l’objectif de quota lui-même.

L’Australie établit un nouveau record …

En 2025, l’Australie a élu 69 femmes à la Chambre basse, soit 46 % des députés, ce qui représente la proportion la plus élevée de l’histoire du pays. Ce résultat a propulsé l’Australie de la 33e à la 9e place du classement mondial de l’UIP sur la représentation des femmes au parlement. Cette progression s’explique principalement par les excellents résultats du Parti travailliste, qui applique des quotas internes visant la parité et a présenté une liste de candidats composée à 56 % de femmes.

Parmi les élus figuraient Ali France, première femme en situation de handicap à remporter un siège à la Chambre des représentants, et Charlotte Walker, qui, à 21 ans, est devenue la plus jeune sénatrice de l’histoire du pays. Le Premier Ministre a ensuite formé un gouvernement composé de 12 femmes et 11 hommes, marquant ainsi une nouvelle étape importante pour le pays.

La forte progression observée en Australie montre à quel point les engagements pris au niveau des partis peuvent contribuer à renforcer la représentation au niveau national. Ces quotas volontaires constituent un complément efficace aux mesures législatives.

… tout comme la Tchéquie

La Tchéquie est un autre pays qui a battu ses propres records, puisqu’un tiers des nouveaux députés de la Chambre basse sont des femmes.

Une campagne citoyenne intitulée « zakroužkuj ženu » (« entourez une femme ») a joué un rôle déterminant. Le système électoral tchèque permet aux électeurs d’indiquer leurs préférences pour des candidats individuels, qui peuvent alors remonter dans la liste de leur parti s’ils recueillent suffisamment de soutien. La campagne a encouragé les électeurs à entourer les noms des candidates — et elle a joué un rôle important. En 2025, le vote préférentiel du public a directement contribué à l’élection de 23 femmes parlementaires au Parlement, pour un total de 67 femmes parlementaires élues au total.

Ces élections ont également marqué un tournant générationnel : à 21 ans – l’âge minimum légal pour se présenter –, Julie Smejkalová est devenue la plus jeune parlementaire de l’histoire du pays. Elle fait partie des 15 parlementaires âgés de 30 ans ou moins élus en 2025.

C’est au Burundi que l’on observe les progrès les plus importants en Afrique

À la Chambre basse du Burundi, 44 femmes ont été élues ou nommées, représentant 39,6 % des 111 députés. Cette hausse de 8,1 points de pourcentage est la quatrième plus importante parmi tous les pays ayant organisé des élections en 2025.

Le parlement du pays dépasse désormais le quota de 30 % que son système électoral fixe pour les femmes dans chacune des deux chambres — ce qui rappelle que les quotas, dans le meilleur des cas, fixent un seuil minimal plutôt qu’un plafond.

Les Philippines prennent des mesures contre le sexisme lors des élections

Malgré des signes de progrès, les femmes siégeant dans les parlements du monde entier sont confrontées à de nombreuses formes de discrimination, ce qui a un effet dissuasif et décourageant tant sur les candidates que sur les femmes déjà en poste.

Plusieurs candidats masculins aux élections de 2025 aux Philippines ont tenu des propos désobligeants à l’égard de leurs adversaires féminines pendant la campagne. Ces incidents se sont produits dans un contexte de recrudescence de la violence à l’encontre des parlementaires, qui, comme le montre un récent rapport de l’UIP, touche de manière disproportionnée les femmes.

La Commission électorale (COMELEC) est intervenue directement. Elle a qualifié le harcèlement fondé sur le genre d’infraction électorale, dont elle a élargi le champ d’application pour y inclure les plateformes en ligne ainsi que les meetings de campagne et les bureaux de vote. Elle a également mis en place le Groupe de travail dédié SAFE afin de faire respecter ces mesures de sécurité, ce qui a conduit à la disqualification d’un candidat.

De la réussite individuelle au changement systémique

Le rapport est sans équivoque quant à la situation générale : au rythme actuel, il faudra encore 75 ans pour que le monde atteigne la parité hommes-femmes au parlement. Mais ces exemples de progrès sont source d’optimisme.

Des pays de toutes les régions ont démontré que des réformes audacieuses et bien conçues, associées à des quotas, se traduisent directement par des parlements plus représentatifs. Leurs efforts constituent un modèle que d’autres parlements devraient suivre.