Skip to main content
Communiqués de presse

Des parlementaires du monde entier se mobilisent pour l’action humanitaire dans la ville où sont nées les Conventions de Genève

Ipu15

© UIP/ Lucien Fortunati

L’Union interparlementaire (UIP) a clos sa 151e Assemblée, qui a réuni près de 1 150 délégués, dont plus de 600 parlementaires de 132 pays. Fait notable, environ 37 % des parlementaires présents étaient des femmes. 

Placée sous le thème du soutien parlementaire à l’action humanitaire, l’Assemblée de cinq jours s’est tenue dans la ville où sont nées les Conventions de Genève de 1949, qui constituent le cadre international garantissant la protection juridique des personnes en période de conflit armé.

Des parlementaires du monde entier ont adopté la Déclaration de Genève intitulée Veiller au respect des normes humanitaires et soutenir l’action humanitaire en période de crise.

La Déclaration a pour toile de fond les quelque 130 conflits qui sévissent actuellement dans le monde, avec plus de 310 millions de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires. Elle souligne que les Conventions de Genève, la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel et d’autres instruments du droit international humanitaire (DIH), lorsqu’ils ont été appliqués et respectés, ont sauvé des millions de vies et considérablement limité l’impact des conflits armés sur les citoyens.

Les parlementaires sont appelés à renforcer et à défendre l’action humanitaire en œuvrant à la ratification des traités de DIH, à leur transposition dans la législation nationale, à la mobilisation de ressources financières pour les organisations d’aide, à la formation des forces armées et à la création de partenariats au sein de l’écosystème humanitaire mondial – notamment avec le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et les organismes des Nations Unies concernés. Et surtout, les parlementaires sont appelés à placer les considérations humanitaires au cœur de leurs décisions, en particulier celles ayant trait à la sécurité.

Autres résolutions et résultats

L’Assemblée a également adopté une résolution intitulée Reconnaître et soutenir les victimes d'adoptions internationales illégales et prendre les mesures pour empêcher cette pratique. La résolution condamne fermement les adoptions internationales illégales, qui constituent des violations des droits de l’enfant, et appelle tous les États et parlements à qualifier ces actes d’une forme de traite des êtres humains.

En outre, l’Assemblée de l’UIP a adopté une résolution d’urgence sur le thème Action parlementaire contre la criminalité transnationale organisée, la cybercriminalité et les menaces hybrides pour la démocratie et la sécurité humaine, visant à renforcer la riposte parlementaire mondiale face à la multiplication des menaces qui mettent en péril la paix internationale, la gouvernance démocratique et l’état de droit.

Renforcement de la diplomatie parlementaire

Au cours de l’Assemblée, les organes de l’UIP consacrés à la paix et à la sécurité – notamment le Groupe de travail sur la résolution pacifique de la guerre en Ukraine et le Comité sur les questions relatives au Moyen-Orient – se sont réunis afin d’explorer de nouvelles voies pour promouvoir la paix à la faveur du dialogue parlementaire. 

D’autres réunions se sont tenues en vue de rapprocher des pays actuellement confrontés à des tensions, tels que l’Arménie et l’Azerbaïdjan, ainsi que la République démocratique du Congo et le Rwanda.

Citations :

À l’ouverture de l’Assemblée, le Directeur général du CICR, Pierre Krähenbühl, a déclaré : "La déshumanisation prive les personnes de leur dignité, que ce soit par les mots, les politiques ou les pratiques, et fonctionne comme un catalyseur : en érodant l’empathie et en banalisant la souffrance, elle réduit les obstacles politiques et juridiques à des politiques permissives, affaiblit les exigences en matière de responsabilité, et rend le recul juridique plus acceptable sur le plan politique. Les normes telles que le DIH constituent un rempart contre cette dérive, mais elles peuvent être réinterprétées, affaiblies ou ignorées si les récits déshumanisants se généralisent. C’est là que les parlements doivent intervenir."

La Vice-Présidente de l’UIP et Présidente de la 151ᵉ Assemblée de l’UIP, Gabriela Morawska-Stanecka, a déclaré : "Les normes humanitaires servent de bouclier aux personnes qui ne portent pas d’armes. Mais leur champ d’action est bien plus vaste : ces normes imposent également des restrictions sur les moyens et méthodes de guerre. Au fil du temps, l’humanité a compris que certaines limites ne sauraient être franchies, que certaines armes et tactiques sont trop inhumaines pour être tolérées et doivent être définitivement consignées à l’histoire."

Le Secrétaire général de l’UIP, Martin Chungong, a déclaré : "Les parlementaires doivent plaider et légiférer pour l’action humanitaire, en vue d’apporter une aide aux personnes les plus touchées par les conflits armés – sauver des vies, atténuer les souffrances et rétablir la dignité humaine. En définitive, l’action humanitaire fait appel à notre humanité commune : elle nous offre un moyen de dépasser la division, la violence et la méfiance, et d’aider celles et ceux pris au piège des hostilités à survivre et à poursuivre leur chemin dans la sécurité et la dignité."

L’Assemblée de l’UIP met le cap sur l’Est

La 152ᵉ Assemblée se tiendra à Istanbul, du 15 au 19 avril 2026, avec le concours de la Grande Assemblée nationale de Türkiye.

*****

L’UIP est l’organisation mondiale des parlements nationaux. Elle a été fondée en 1889 pour encourager la coopération et le dialogue entre toutes les nations, en tant que première organisation politique multilatérale. Elle compte aujourd’hui 183 Parlements membres et 15 organismes parlementaires régionaux. Elle œuvre pour la paix, la démocratie et le développement durable, et aide les parlements à se renforcer, se rajeunir, être plus écologiques, se rapprocher de la parité hommes-femmes et devenir des institutions plus innovantes. Elle défend aussi les droits de l’homme des parlementaires par le biais d’un comité spécialisé comprenant des parlementaires issus de toutes les régions du monde.

Pour obtenir de plus amples renseignements à propos de l'UIP, veuillez communiquer avec Thomas Fitzsimons en écrivant à [email protected]