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Études de cas

La Lok Sabha s’ouvre au multilinguisme de l'Inde

Lok Sabha

© Lok Sabha

La chambre basse du Parlement indien, la Lok Sabha, a récemment franchi une étape historique en faveur de l'inclusion linguistique en proposant une interprétation simultanée dans les 22 langues répertoriées dans la Constitution du pays, permettant ainsi aux parlementaires de s'exprimer dans leur langue maternelle à partir de la session d'hiver 2025.

Ce changement a nécessité l'élargissement des équipes d'interprètes et la mise à niveau des systèmes audio afin de pouvoir gérer de nombreux canaux linguistiques. Les parlementaires écoutent les débats à l'aide d'écouteurs, passant d'une langue à l'autre selon leurs besoins, tout en s'exprimant dans leur propre langue. Il en résulte une chambre où les voix semblent différentes, mais où chacun peut suivre les débats.

Cette initiative est saluée comme une étape importante pour que la politique nationale reflète davantage la grande diversité culturelle et linguistique de l'Inde et pour permettre aux électeurs de l’ensemble du pays de suivre les débats au Parlement.

Cette réforme fait suite à une décision, annoncée par le Président de la chambre, Om Birla, en août 2025, qui étend l'interprétation au-delà de l'hindi, de l'anglais et d'un nombre limité de langues régionales, à l'ensemble des langues constitutionnelles.

Il décrit cette initiative comme un moyen de garantir que les débats parlementaires reflètent la réalité sociale de l'Inde, où l'identité, la culture et la langue sont étroitement liées. Chaque langue possède une histoire et une tradition littéraire distinctes, et lui accorder une place au Parlement est considéré comme une reconnaissance de ce patrimoine sur la scène nationale.

Les réactions des parlementaires ont été positives, les membres de tous les partis qualifiant cette mesure d'étape importante en faveur de l'inclusion. Beaucoup affirment que le fait de pouvoir exprimer des positions politiques complexes dans leur langue maternelle permet des interventions plus précises et plus authentiques, en particulier pour les représentants des régions rurales ou qui avaient coutume d’être marginalisées.

Cette initiative a également attiré l'attention au-delà de la chambre. Elle a été publiquement saluée par le Premier ministre Narendra Modi, qui l’a qualifiée de célébration du caractère multilingue de l'Inde et qui a félicité les parlementaires et le Président de la chambre pour avoir mis en valeur cette diversité dans l'arène démocratique la plus visible du pays. 
Cette évolution intervient à un moment où l'Inde reconnaît de plus en plus l'importance des langues maternelles et régionales dans l'éducation, les médias et l'administration.

En adoptant le multilinguisme, l'Inde offre aux autres parlements un excellent cas d'étude de la manière dont la diversité peut être considérée comme une force plutôt que comme une difficulté.

Le Parlement indien rejoint ainsi d'autres parlements multilingues à travers le monde, notamment ceux de de l'Afrique du Sud, de la Belgique, du Cameroun, du Canada, de la Nouvelle-Zélande et de la Suisse, ainsi que le Parlement européen.