Pologne
L'avortement a pris une importance décisive lors des élections législatives en Pologne. Bien qu'un léger fléchissement du nombre de femmes sénatrices ait été enregistré à l'issue de ces élections, cette question a incité un grand nombre d'électeur à se rendre aux urnes et a influé sur les politiques en faveur de l'égalité des sexes.
Les élections se sont révélées très conflictuelles, les femmes candidates étant confrontées à des attaques verbales misogynes, à des agressions physiques, à des menaces de mort et à la diffusion d'images truquées.
La colère à l'égard du parti au pouvoir, le Parti Droit et Justice (PiS), a été alimentée, entre autres attaques à l’encontre des droits des femmes, par les restrictions croissantes imposées par ce dernier en matière d'avortement (restrictions pourtant déjà parmi les plus dures d'Europe). Une décision de justice de 2020 a restreint encore plus durement l'avortement, ce qui a entraîné le décès de plusieurs femmes, décuplant la colère de l'électorat.
La Coalition civique (KO), principal parti d'opposition, a déclaré que les droits des femmes étaient "la question numéro 1". Ce parti a activement défendu les 48 % de candidates sur ses listes et promis de revenir sur l'interdiction de l'avortement. Cet argument a porté auprès des électeurs, tout spécialement les femmes et les jeunes, qui ont été particulièrement nombreux à se rendre aux urnes, privant le PiS d’un certain nombre de sièges pour les confier à une coalition de partis centristes et libéraux.
Fin 2023, les femmes détenaient 29,3 % des sièges de la chambre basse et 19 % de ceux de la chambre haute, deux chiffres inférieurs à la moyenne européenne, qui se situe à 31,6 %. Les femmes, qui représentaient pourtant 44,5 % des candidats, n'étaient que 24,9 % à la tête des listes présentées par les partis.