Des parlementaires du monde entier ont exprimé leur profonde préoccupation face au développement incontrôlé de l’intelligence artificielle (IA) et à l’absence de garanties suffisantes pour prévenir une utilisation irresponsable et potentiellement dangereuse de cette technologie en constante évolution.
Quelque 200 parlementaires, membres de personnel parlementaire et experts se sont réunis à Kuala Lumpur (Malaisie) du 28 au 30 novembre 2025 pour la Conférence internationale intitulée Le rôle du parlement dans l’élaboration d’une IA responsable, organisée conjointement par l’UIP, le Parlement de Malaisie, l’Association parlementaire du Commonwealth (APC) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
Dans la Déclaration adoptée à l’issue de la rencontre, les parlementaires ont demandé que les pays coopèrent afin de définir des lignes rouges mondiales pour une utilisation responsable de l’IA dans "l’intérêt commun de l’humanité", et d’empêcher que le pouvoir ne soit laissé entre les seules mains des acteurs du secteur technologique.
Les législateurs ont mis en garde contre le fait qu’en l’absence de contrôle, la progression rapide de l’IA pourrait contribuer à l’érosion de la confiance du public dans les élections et les institutions, accentuer les discriminations existantes à l’encontre des femmes, aggraver l’urgence climatique en augmentant fortement les besoins énergétiques, et élargir le fossé numérique tant entre les pays qu’à l’intérieur de ceux-ci.
Solutions parlementaires
La Conférence a mis en lumière les nombreuses initiatives liées à l’IA déjà menées au sein des parlements, qu’il s’agisse d’examens législatifs, de rapports, de résolutions, d’enquêtes, de groupes de travail ou encore de débats d’orientation.
Les participants ont en outre examiné les moyens de renforcer les capacités nationales en IA, d’encourager la coopération internationale en ce qui concerne la réglementation de l’IA et de mieux comprendre l’incidence de cette technologie sur les fonctions législative et de contrôle du parlement.
Les parlementaires ont formulé une série de recommandations dans leur déclaration finale. Les parlements sont appelés notamment à :
évaluer leur niveau de préparation à l’IA et élaborer une stratégie à cet égard ;
établir des règles et des cadres réglementaires communs, en particulier pour lutter contre la désinformation et les contenus générés par l’IA dans la vie politique ;
promouvoir des campagnes de sensibilisation pour renforcer les connaissances du public en matière d’IA ;
passer en revue la législation existante relative à la protection des données, à la vie privée et à la cybersécurité afin de déterminer les domaines devant être renforcés ; et
examiner les risques de préjugés sexistes ou d’autres formes de discrimination dans le développement de l’IA.
Outils parlementaires
À l’occasion de la Conférence, l’UIP a publié un nouvel outil destiné à accompagner les parlements dans leurs activités en matière de développement de l’IA. Élaboré par le Centre pour l’innovation au parlement de l’UIP, le Cadre de maturité pour l’IA dans les parlements fournit des orientations structurées, s’appuyant à la fois sur les travaux de recherche les plus récents et sur les bonnes pratiques observées dans les parlements du monde entier.
Le Cadre est conçu pour être utilisé parallèlement aux Lignes directrices pour l’IA dans les parlements, un outil récent de l’UIP qui propose des conseils pratiques détaillés visant à aider les parlements à adopter et déployer l’IA de façon responsable.
L’UIP assure par ailleurs un suivi des actions parlementaires sur la politique de l’IA dans le monde entier. À ce jour, de telles initiatives ont été recensées dans 57 pays. Les informations proviennent directement des parlements et sont actualisées chaque mois.
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À propos de l’UIP
L’UIP est l’organisation mondiale des parlements nationaux. Elle a été fondée en 1889 pour encourager la coopération et le dialogue entre toutes les nations, en tant que première organisation politique multilatérale. Elle compte aujourd’hui 183 Parlements membres et 15 organismes parlementaires régionaux. Elle œuvre pour la paix, la démocratie et le développement durable, et aide les parlements à se renforcer, se rajeunir, être plus écologiques et se rapprocher de la parité hommes-femmes. Elle défend aussi les droits de l’homme des parlementaires par le biais d’un comité spécialisé comprenant des parlementaires issus de toutes les régions du monde.
À propos de l’APC
L’Association parlementaire du Commonwealth (APC) est un réseau international regroupant 180 parlements nationaux, régionaux, provinciaux et territoriaux qui travaillent ensemble pour renforcer l’attachement du Commonwealth aux normes les plus élevées en matière de gouvernance démocratique.
À propos du PNUD
En tant qu’agence principale des Nations Unies pour le développement international, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) travaille dans 170 pays et territoires pour éradiquer la pauvreté et réduire les inégalités. Il soutient les pays dans l’élaboration de politiques, le renforcement des compétences en leadership, la création de partenariats et le développement des capacités institutionnelles pour atteindre les objectifs de développement durable.

