Genève (Suisse), 6 mars 2026 à 9 h 45
D’après le rapport de l’Union interparlementaire (UIP) intitulé Les femmes au parlement en 2025, au 1er janvier 2026, les femmes occupaient 27,5 % des sièges dans les parlements nationaux à travers le monde, contre 27,2 % en 2025. Cette hausse de 0,3 point de pourcentage est semblable à celle observée en 2024, soit l’augmentation la plus faible pour la deuxième année consécutive depuis 2017.
Le rapport a été établi à partir des données recueillies par l’UIP auprès des 49 pays qui ont procédé en 2025 à des renouvellements parlementaires pour un total de 62 chambres.
Le nombre de femmes à la tête des parlements en forte baisse
La proportion de femmes présidentes de parlement a chuté à 19,9 % (54 présidentes), contre 23,7 % un an plus tôt.
Sur les 75 nouveaux présidents de parlement nommés ou élus en 2025, seuls 12 étaient des femmes (16 %).
Régions en tête et plus fortes progressions
Les Amériques demeurent la région avec la plus forte représentation de femmes au parlement, celles-ci constituant 36,1 % des membres élus dans les 20 chambres de 13 pays ayant procédé à des renouvellements en 2025.
Au 1er janvier 2026, les femmes représentaient 35,6 % de l’ensemble des parlementaires dans les Amériques, toutes chambres et tous pays confondus.
La région compte également quatre des sept pays ayant désormais atteint la parité, voire une proportion de femmes supérieure à celle des hommes, dans leur chambre basse ou leur parlement monocaméral : la Bolivie rejoint Cuba, le Nicaragua et le Mexique pour la région les Amériques, aux côtés du Rwanda, d’Andorre et des Émirats arabes unis pour le reste du monde.
Le Kirghizistan a enregistré les progrès les plus importants en matière de représentation des femmes parmi les pays ayant procédé à des renouvellements parlementaires en 2025, avec une hausse de 12,9 points de pourcentage du nombre de femmes au sein de son Parlement. Il est suivi par Saint-Vincent-et-les Grenadines (+12,3 points de pourcentage) et par la chambre haute de Sainte-Lucie (+9,1 points de pourcentage).
Les quotas demeurent déterminants
La conception de quotas adaptés et leur mise en œuvre ont continué de jouer un rôle essentiel dans l’augmentation de la représentation des femmes au parlement, comme l’illustrent notamment les cas du Kirghizistan et de l’Équateur.
En 2025, les chambres dotées d’un système de quota, fixé par la loi ou appliqué de façon volontaire, ont élu ou nommé en moyenne 30,9 % de femmes, contre 23,3 % pour les chambres dépourvues d’un tel système.
Des niveaux records dans certains pays
Malgré le ralentissement général, plusieurs pays ont enregistré des niveaux inédits.
En Australie, 69 des 150 parlementaires élus en 2025 étaient des femmes, ce qui porte à 46 % la part des sièges détenus par ces dernières, soit un niveau jamais atteint auparavant.
La Tchéquie a également enregistré un résultat historique : 67 femmes ont été élues à la chambre basse, qui compte 200 membres, contre 50 en 2021, portant ainsi leur proportion de 25 % à un tiers des parlementaires.
En Équateur, la part des femmes à l’Assemblée nationale a atteint 45 % à l’issue des élections de 2025, ce qui constitue un record historique.
L’année 2025 a marqué un tournant dans l’histoire politique du Japon : pour la première fois, le pays a une femme Première Ministre et, à la suite des élections de juillet, la représentation globale des femmes à la chambre haute a atteint un niveau record de 29,4 %.
Niveaux faibles et plus fortes baisses
À l’inverse, la représentation des femmes au parlement est demeurée la plus faible au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où les intéressées ne détiennent en moyenne que 16,2 % des sièges.
Trois pays – Oman, Tuvalu et le Yémen – ne comptent aucune femme dans leur chambre basse ou leur parlement monocaméral.
Violence à l’égard des femmes politiques
Début 2025, l’UIP a publié les conclusions de son étude sur la prévalence du sexisme, du harcèlement et de la violence à l’égard des femmes dans les parlements de la région Asie-Pacifique. Cette étude faisait suite à des études similaires menées précédemment dans les régions Afrique et Europe.
L’étude réalisée dans la région Asie-Pacifique a mis en évidence des niveaux élevés de violence, 76 % des femmes parlementaires ayant déclaré avoir déjà subi des violences psychologiques.
Plus récemment, le rapport de l’UIP intitulé Violences politiques : quand les parlementaires deviennent la cible de l’hostilité publique, paru en 2026, a établi que les femmes parlementaires subissent davantage d’actes d’intimidation de la part du public – en ligne comme hors ligne – que les hommes et que 76 % des femmes interrogées déclarent avoir subi des violences, contre 68 % pour les hommes.
Ce phénomène croissant peut dissuader certaines femmes de se présenter aux élections, et constitue donc un obstacle supplémentaire à une plus grande représentation des femmes en politique.
À noter que certains pays ont pris des mesures pour lutter contre ces violences : la Commission électorale des Philippines est intervenue après que des candidats masculins ont tenu des propos dénigrants à l’égard de leurs homologues féminines, et le Parlement colombien a adopté une loi visant à prévenir et à sanctionner la violence à l’encontre des femmes en politique.
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L’UIP est l’organisation mondiale des parlements nationaux. Elle a été fondée en 1889 pour encourager la coopération et le dialogue entre toutes les nations, en tant que première organisation politique multilatérale. Elle compte aujourd’hui 183 Parlements membres et 15 organismes parlementaires régionaux. Elle œuvre pour la paix, la démocratie et le développement durable et aide les parlements à se renforcer, se rajeunir, être plus écologiques et se rapprocher de la parité hommes-femmes. Elle défend aussi les droits de l’homme des parlementaires par le biais d’un comité spécialisé comprenant des parlementaires issus de toutes les régions du monde.
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