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Étude de cas

Place des femmes en politique : la Nouvelle-Zélande exemplaire

Jacinda Ardern

La Nouvelle-Zélande ont une proportion de 40 % de femmes ministres, 

Premier pays au monde où les femmes ont obtenu le droit de vote, la Nouvelle-Zélande est maintenant l'exemple à suivre en matière de parité hommes-femmes dans la vie politique.

Depuis les élections d'octobre 2020, Mme Jacinda Ardern, Première Ministre, dirige le gouvernement le plus en pointe en matière de diversité dans l'histoire de la Nouvelle-Zélande. Le constat est le même chez les parlementaires, où l'on trouve un nombre sans précédent de femmes, de personnes de couleur, LGBTQ+ et appartenant à des peuples autochtones. Cette diversité se retrouve dans les 20 personnalités constituant le Gouvernement, dont cinq sont maories, trois sont des insulaires du Pacifique et trois sont issues de la communauté LGBTQ+. Reflétant désormais mieux la diversité de la population, le Gouvernement néo-zélandais montre la voie aux autres nations.

Femmes parlementaires

La dernière élection fait passer le pays à la cinquième place dans le monde en ce qui concerne la présence de femmes dans un gouvernement, avec 48,3 pour cent, soit dix points de plus par rapport à la précédente élection. 

Ces avancées sont l'aboutissement des efforts résolus entrepris dès 1893, lorsque la Nouvelle-Zélande était le tout premier pays au monde à accorder aux femmes le droit de vote. Le principe d'égalité de tous les citoyens est garanti par la loi et définit un cadre cohérent en matière de droits des femmes.

Le Parlement néo-zélandais comprend un groupe transpartisan de femmes parlementaires œuvrant en faveur d'une meilleure représentation et d'une plus grande prise en compte de l'opinion des femmes en politique. Il existe en outre, au Parlement, une salle de réunion spécifique sur le thème du droit de vote des femmes : la Women’s Suffrage Room.

Parlementaires appartenant à des peuples autochtones

On estime actuellement que 16,5 pour cent de la population néo-zélandaise est maorie et que 9 pour cent appartient à des peuples insulaires du Pacifique. La composition du gouvernement de Jacinda Ardern se répartit selon des pourcentages bien supérieurs, avec respectivement 25 et 15 pour cent. Il faut également noter que Mme Nanaia Mahuta a été nommée Ministre des affaires étrangères et qu'il s'agit donc de la première femme maorie à occuper ce poste dans l'histoire du pays. Mme Mahuta a d'ailleurs déjà marqué l'actualité du Parlement néo-zélandais. Il y a quatre ans, elle a été la première députée à porter le moko kauae, tatouage maori traditionnel au menton.

Parlementaires LGBTQ+

En février 2018, au cours de son premier mandat, Mme Ardern a participé à une Marche des fiertés, du jamais vu pour un premier ministre. Elle s'est ainsi jointe à une foule de 25 000 personnes soutenant la communauté LGBTQ+. Selon l'Enquête sociale générale réalisée en 2018 dans le pays, 3,5 pour cent des adultes néo-zélandais s'identifient comme étant LGBTQ+ et, là encore, le gouvernement de Mme Ardern va au-delà de ce chiffre avec une représentation de 15 pour cent. M. Grant Robertson, qui était Ministre des finances du précédent gouvernement de Mme Ardern et assure maintenant les fonctions de Vice-Premier Ministre, est le premier homosexuel déclaré à occuper ce poste.

Jeunes parlementaires au gouvernement

La moyenne d'âge du nouveau gouvernement de Jacinda Ardern est de trois ans et demi inférieure à son précédent gouvernement et ce n'est plus elle qui en est le plus jeune membre. Avec 48,6 ans, cette moyenne est à rapprocher de celle de son précédent gouvernement, qui était de 52,9 ans. Pour beaucoup, ce premier Gouvernement a représenté un ‘renouvellement générationnel’, en particulier en raison de l'âge de Mme Ardern qui, à 37 ans, en était le membre le plus jeune et était la chef de gouvernement la plus jeune au monde. À 40 ans maintenant, elle n'est devancée au Gouvernement que par Mme Kiri Allan qui, à 36 ans, est Ministre de la conservation. Treize membres du nouveau Gouvernement appartiennent à la ‘génération X’ et sont nés entre 1965 et 1980.

Impact de la pandémie de COVID-19

La victoire écrasante de Jacinda Ardern lors de sa réélection en 2020 s'explique principalement par l'action déterminante de son gouvernement dans le cadre de la pandémie de COVID-19. Seul pays au monde à vouloir éradiquer le virus, et non simplement le limiter, la Nouvelle-Zélande a atteint son objectif, ce qui représente une première mondiale.

Le Gouvernement a également annoncé une aide financière à hauteur de 2,8 milliards de NZD en faveur des plus vulnérables, principalement des femmes. Les secteurs néo-zélandais du commerce et de l'hôtellerie, qui emploient respectivement 60 % et 70 % de femmes, ont été les plus touchés par les confinements.

Ces mesures, et d'autres instruments financiers, s'appuient sur un fonds de 50 milliards de NZD destiné aux nouvelles initiatives permettant de répondre immédiatement à la pandémie et, à long terme, d'assurer une reprise économique.

Engagement en faveur du bien-être

En 2019, au cours du premier mandat de Jacinda Ardern comme Première Ministre, le gouvernement a donné un nom inédit à son budget : le budget bien-être. Ce terme montre que le gouvernement place le bien-être des générations actuelles et futures au rang de priorité. C'est le premier pays au monde à privilégier le bien-être des citoyens dans l'élaboration de son budget.

Le budget 2020 a alloué un investissement de 1,6 milliards de NZD à des services sociaux publics et privés destinés à soutenir l'enseignement, l'emploi et le logement. Ce montant inclut 183 millions de NZD pour les services consacrés aux violences familiales, ce qui représente le plus important financement dans ce secteur depuis plus d'une décennie.

Jacinda Ardern a déclaré : “Tout ce travail a été réalisé dans une optique de bien-être qui prenne en compte les besoins de la population et de l'environnement en Nouvelle-Zélande ainsi que notre économie. Ce processus, commencé dans le budget bien-être de 2019, n'est pas négociable. Il s'appuie sur la démarche que nous suivons pour chacune de nos décisions et de nos actions, qu'il s'agisse du quotidien ou, comme c'est le cas ici, d'une période de crise”.

Évolution des mentalités

Jacinda Ardern a été l'une des premières dirigeantes à avoir un enfant en cours de mandat, ce qui, en plus des autres parlementaires ayant des responsabilités parentales, a conduit à des changements dans les règles relatives à l'allaitement au Parlement, à des initiatives, menées par le Président, en faveur de la famille, ainsi qu'à des évolutions de la perception du public et de la culture politique. Il se peut, en fin de compte, que cela encourage davantage de femmes à se porter candidates dans le pays.